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 you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}

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Gabriel Kostas
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Gabriel Kostas

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MessageSujet: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyVen 11 Avr - 2:37


own it

« Gabe, j’ai pas que ça à foutre, sérieux. Magne-toi, j’ai pas organisé cette rencontre pour rien alors tu sors de ta tanière de petit richard merdeux et tu débarques au pub à Old Chino. Le mec s’est pas ramené de Los Angeles pour rien. » Je raccroche sans dire un mot. Manners a la mauvaise manie de penser qu’il est mon chef parfois. J’dois avouer que j’lui dois beaucoup, mais c’est pas une raison pour me faire sentir comme un con. Il arrange mes meetings secrets dans des endroits tellement retirés que personne se doute de rien, surtout parce que j’évite de me faire remarquer. Avec mes cheveux semi-longs et mon air parfois pouilleux, j’m’arrange toujours pour garder mon apparence non suspicieuse. J’regarde mes appels manqués, Ronnie. J’ai pas le temps, j’vais la rappeler plus tard. J’râle une bouffée de mon joint, le laissant lentement pénétrer mes poumons et me permettant d’exhaler le stress de la rencontre de tout à l’heure. Los Angeles est clairement plus grande et prospère que Chino, j’dois mener mon business stratégiquement si j’veux pas m’faire marcher sur les pieds par les drug lords de là-bas. Ils doivent apprendre que c’est pas parce que mon nom sonne pas Américain que j’sais rien foutre et que j’vais m’abaisser à leurs exigences insensées. Mon portable vibre de nouveau, Ronnie qui m’envoie un texto d’insultes parce que c’est la 5e fois qu’elle appelle et que j’réponds pas. Elle s’inquiète et compte envoyer la police chez moi bientôt si j’lui donne pas signe de vie. C’était à peine si j’le faisais en Grèce. Elle m’a souvent reproché de pas l’y avoir emmenée aussi, mais j’voulais pas déranger sa vie presque parfaite pour un voyage qui servait pas vraiment à renouer avec notre famille, comme j’lui avais fait croire. Je lui envoie un simple texto qui mentionne que mon retour s’est bien passé et que j’compte lui donner des détails plus tard. Enfin, la paix. Je jette mon joint terminé dans la cour du voisin. Il me déteste pour ça d’ailleurs, il sait que ça vient de moi, mais il ose rien me dire parce qu’il a peur que j’lui défonce les dents. Je souris à cette pensée, au fait que mes voisins m’abordent à peine parce que j’ai l’air louche. Pourtant, je travaille gracieusement en tant que banquier et connais les informations personnelles et bancaires de presque tous les gens résidant dans ce quartier. S’ils savaient… Bref, le bar mentionné est le bar où Julia travaille. J’dois m’y rendre dans un court moment et j’sais qu’à cette heure, elle y est déjà. J’ai jamais compris pourquoi elle reste à cet endroit pourri jusqu’à la moelle alors qu’elle a une maison non loin de la mienne qui l’attend et dans laquelle elle pourrait vivre pour le restant de ses jours sans en sortir parce qu’elle est équipée pour tout. Même la saleté de catastrophe qui a frappé Chino y’a quelques temps. Même en Grèce, j’ai entendu parler de c’qui s’était passé et j’me suis souvent demandé si j’devais l’appeler pour prendre de ses nouvelles, mais j’l’ai pas fait parce que j’voulais pas qu’elle se dise que j’finissais par lui donner plus d’importance que d’habitude, donc j’ai mis Manners sur son cas. J’lui ai demandé de la surveiller et de m’envoyer des rapports quotidiens, quand la catastrophe a frappé, là c’était des rapports horaires. J’rigole pas avec ce genre de chose, si j’entretiens encore Juliana à ce jour c’est qu’elle m’apporte un truc que les autres minettes arrivent jamais à me donner. Je sais pas c’que c’est, peut-être son sale caractère quand elle décide de s’y mettre, quand elle tremble quand je passe mes mains entre ses jambes et qu’elle frémit contre moi quand je fais exprès de la toucher en public et qu’elle doit garder une straight face devant les autres, pour pas qu’ils pensent qu’on est qu’un couple de pervers sans éducation.

J’enfile le premier pantalon que j’trouve parterre, une chemise carottée dont j’remonte les manches, j’la laisse ouverte, qu’on voit ma camisole en-dessous. Ça me donne un look laid back, c’est ce que je cherche. Je passe une main dans mes cheveux pour les défaire et les replacer en même temps. J’pince une clope entre mes lèvres et enfile mes chaussures, puis j’quitte mon repère et m’installe au volant de mon Impala. Elle est vieille, fait exactement la bonne quantité de bruit pour qu’on croit qu’elle est complètement retapée et surtout que j’ai pas tant d’argent que ça. J’arrive à l’endroit prédestiné. J’me fais une seconde clope avant d’entrer dans le bâtiment miteux comme j’sais pas quoi et tente de repérer vite-fait l’autre dealer. Mac, qu’on l’appelle. Rien à foutre de son surnom à la con, j’vais l’appeler par le prénom que sa chère mère lui a donné. « Edwin. » Dis-je, en posant ma main sur son épaule droite. Un signe de respect entre trafiquants. Il se retourne à peine pour me regarder. Un sourire narquois naît sur mes lèvres et je prends la chaise libre devant lui. Ça tombe bien, elle me donne une vue directe sur l’arrière du bar, où je viens de voir une silhouette qui m’est un peu trop familière passer. J’attends qu’il commence à parler, j’brise pas le silence sauf quand ce que j’ai à dire est une menace, où que ça me mène à quelque chose de concluant et rapide. Dans ce cas-ci, l’avantage est de mon côté, si Edwin fait pas comme je veux, il perd sa place et j’le remplace par un autre. « Gabe. » J’incline la tête sur le côté, croise les bras et le regarde durement. « Et qui t’a donné la permission de m’appeler comme ça ? » Il écarquille les yeux et se recroqueville dans le fond de sa chaise. J’éclate de rire, un rire froid, et secoue la tête. « J’rigole. » Ou pas. « Allez, ta proposition, j’attends. » On discute business pendant environ cinq minutes avant qu’une des serveuses vienne nous accoster. C’est pas Julia, c’est l’autre fille qui travaille avec. « Quatre shots de tequila. » Non, pas de s’il-te-plait, parce que je m’en tape. Elle s’exécute et se rend au bar, donnant la commande à son acolyte. Je vois enfin Julia sortir de sa cachette. Son regard s’est toujours pas posé sur moi, ce qui est bon signe parce que ça veut dire qu’elle a pas encore compris que j’étais revenu. Elle sait pas non plus que j’lui fais une « surprise » en étant ici. Si on peut appeler ça comme, ça… La serveuse revient avec notre commande et d’après ce que je vois, j’me suis pas encore fait repérer. Putain, elle fait exprès ou quoi ? J’aime pas ça. J’veux qu’elle porte son attention sur moi et qu’elle m’envoie ce regard meurtrier qui fait mon partenaire sous la ceinture gigoter dans tous les sens. Je grogne dans le fond de ma gorge, de rage peut-être, je sais pas, j’me concentre plus du tout sur ce que le dit Mac me donne comme arguments. Allez, suffit simplement d’un petit détour de regard et… « Tu m’écoutes ? » Merde, Mac, ta gueule petit connard. Je reporte vaguement mon attention sur lui. « Ouais, ouais, alors si j’comprends bien, El Chico t’envoie pour compléter les deals dans le East side ? Qu’est-ce qui me prouve que c’est pas une ruse pour que les petits trouducs dans ton genre me baisent et ramassent le profit à ma place ? J’laisse pas d’agents libres revendre pour moi, tu peux comprendre, j’fais confiance à personne. J’fais dans le discret et la police se doute de rien parce que j’en ai certains enroulés autour de mon doigt et qui feront jamais rien pour me fâcher. Si l’un deux entend quoi que ce soit, il vient directement me le reporter. » Je vois Edwin ravaler sa salive et essuyer la sueur sur son front. Je m’avance légèrement, voulant qu’on m’entende le moins possible. « T’as intérêt à pas te faire repérer, t’as compris ? Si j’entends même une parcelle d’histoire qui t’inclut, c’est mort pour toi, dans tous les sens du terme. » Il hoche la tête une seule fois, j’crois que le message est passé. « Maintenant, bois. » Il prend son verre, je prends le mien, on boit à la signature verbale de notre contrat.

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i see you gon own that shit
I'm friends with the monster that's under my bed. Get along with the voices inside of my head. You're trying to save me, stop holding your breath, and you think I'm crazy. Yeah, you think I'm crazy, but that's nothing. Now I ain't much of a poet, but I know somebody once told me to seize the moment and don't squander it, cause you never know when it could all be over.



Dernière édition par Gabriel Kostas le Jeu 17 Avr - 3:54, édité 1 fois
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Julia Cole
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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyDim 13 Avr - 0:17

Première tentative. Le moteur gronde et s’arrête. Deuxième tentative. Il toussote, vrombit et s’éteint. Troisième tentative. Plus rien. Néant. Pas un bruit, si ce n’est peut-être celui de ma déception. Ma voiture, synonyme de liberté, est en train de rendre l’âme. Et, face à ce constat, je sens une épine, longue, acérée se planter dans mon pied. Mon autonomie s’envole à mesure que le démarreur crachote sans que le moteur prenne, sans que je n’aie vraiment les moyens d’effectuer une quelconque réparation sur cette caisse offerte par Gabe. Gabe qui n’est même pas là pour me  venir en aide. Il s’est éclipsé sans mot pour dire pour l’Europe, sans moi, sans m’avertir, sans même songer qu’un simple texto m’aurait été appréciable. Je n’ai récolté que son indifférence. « Putain, fais chier. Saleté de bagnole de merde ! » m’exclamais-je en frappant mon volant. Je pestais de toute ma colère, de tout mon mal-être également. Je me sentais prisonnière de ma vie et de ce sort face auxquels je ne peux rien. Alors, les mains tremblant un peu, j’ai récupéré dans ma veste de cuir noir une cigarette que j’allumai maladroitement. Je cherchais à me détendre, je cherchais aussi après une solution de substitution quand la seule me venant à l’esprit me filait la nausée. L’unique personne en mesure de me tirer de cette merde, c’était mon boss et l’idée ne me réjouissait guère. Andrew, c’est un quadragénaire bedonnant à la barbe mal rasée, à la calvitie naissante et à la démarche scalène. Derrière lui, il laisse indubitablement traîner l’odeur âcre et exécrable de la bière bon marché et du tabac froid. Ils me dégoutent, lui et son regard lubrique qui me déshabillent  à chacun de mes mouvements. Je sais qu’il rêve de me culbuter dans la réserve. Tout son être suinte la concupiscence malsaine et j’ignore réellement ce qui l’empêche de me harceler avec entêtement. Dans le fond, je crois qu’il craint Gabe, Gabe qui intercéda pour moi quand j’ai manifesté le désir de travailler. Pfff… même ça, je n’ai pas pu faire sans lui. Me trouver un boulot décent, c’est tout bonnement au-dessus de mes forces… parce qu’elles lui sont toutes dévouées. Rien d’étonnant à ce que ce sentiment d’échec me colle imperceptiblement à la peau. Rien de surprenant non plus à ce que je me décide enfin de téléphoner à ce détestable patron, qu’il vienne me chercher au plus vite.

« Tu es en retard Julia. » hurle-t-il en guise de salut. L’enfoiré, si j’acceptai ce boulot faute de mieux, je ne supporterais pas qu’il me vire. Certes, je voudrais le quitter ce job pourri, mais je ne saurais que faire de ma vie. Alors, je ferme ma gueule. J’encaisse son ton méprisant et déguise le mien derrière un pathétisme doucereux. J’ai envie de crier pourtant. J’ai envie de l’envoyer se faire foutre tant il m’irrite avec ses grands airs de chef d’entreprise. Des années que je lui suis loyale pour quelques misérables dollars, des années que je lui loue mes services avec le sourire pour me plier à ses exigences. Autant d’années qu’il me prend pour une pousseuse à la consommation qui n’écartera jamais les cuisses ni pour lui ni pour ses clients. Ça le frustre. Je le sais, alors il se radoucit. Il cède à mes supplications - ou à la perspective d’être seul avec moi pendant le trajet de retour – et promet qu’il arrivera sous peu. « Je suppose qu’il faudra te ramener cette nuit… » J’y crois pas. Il ose. Il se rend plus détestable encore à mes yeux qu’il ne l’était déjà. « Je t’attends… » commentais-je en évitant savamment d’ajouter de l’eau au moulin de ses fantasmes, ses fantasmes qui lui donnaient parfois des ailes. Quinze minutes après mon coup de fil, il était là, dans sa vétuste guimbarde empestant le chien mouillé et le gazoil qui m’arracha un rictus mauvais. Elle était à son image, répugnante. Un peu comme cette main qu’il osa poser sur ma cuisse et que j’éconduis d’un revers de menotte qui m'accorde de le voir renoncer si facilement à ses audacieux desseins. À choisir, je préférais supporter sa plus méchante humeur d’homme vexé à ses regards coulants d’un désir interdit. « Merci An’ » me permis-je en quittant son tacot. Lui, il marmonna quelques désagréables invectives pour redorer son égo : « C’est ça. Mets-toi au travail tout de suite… et tu feras la fermeture pour récupérer la demi-heure que tu me dois. » J’aurais juré qu’il avait clôturé son ordre d’une insulte ronflante, mais j’étais trop soulagée d’être libérée de lui, de son odeur, de sa voiture et de son ambiance pestilentiels pour relever sa bassesse.

Au cours de la soirée, j’ai enchainé les commandes, j’ai rempli des verres de bières, de rhums et de havana club sans profiter d’un seul quart d’heure– que dis-je, une seule seconde – de répit. Je n’en pouvais plus. Mon service prenait fin dans quatre heures et, à cette heure, elles m’apparaissaient comme une longue torture, une douloureuse éternité. « Dis ma jolie, tu ne nous servirais pas un peu de ton cul pour le dessert ? » risqua un jeune homme au regard léger et brillant d’alcool. Il m’arracha un nouveau sourire, un sourire dépité cette fois. J’avais beau être habituée à ce genre de goujaterie, elle me désespérait toujours autant. « Et celui-là, tu le veux pour le petit déjeuner. Connard.» lui assénais-je avec en prime, un doigt d’honneur qui ne passa pas inaperçu pour mon patron. Du couloir menant à la réserve il me héla comme on siffle son clébard. J’avais ordre de le rejoindre et je savais. Je savais pertinemment ce qu’il s’apprêtait à me dire. Je l’écoutai donc d’une oreille distraite, hochant la tête comme les chiens en plastique sur la plage arrière des voitures de tocards. Puis, bien malgré moi, j’ai repris ma place derrière le zinc, contrainte d’offrir un verre et un sourire au fils de pute qui m’a confondu avec sa mère.

Je hais ce genre de mec. Je hais leur assurance et leur plan drague de looser. Je les hais presque autant que celui que j’aperçois à quelques mètres de moi en train de boire cul sec un shoot de Téquila. « Putain, mais il se fout de ma gueule ? » marmonnais-je les yeux écarquillés et le cœur battant un peu vite. J’étais tellement stupéfaite que j’aurais lâché la bouteille de rhum brun que je tenais à la mais si Natalia, ma collègue, n’en avait pas eu besoin. Elle me l’arracha brusquement, me ramenant aussi sec vers cette désagréable réalité. Gabe est là, juste devant moi, la dégaine oscillant entre celle du clochard ou du bûcheron. Pourtant, je le trouve singulièrement beau et je m’en veux pour ma faiblesse. Il mériterait que je lui jette à la gueule un peu de fiel couplé à un verre d’alcool fort, un alcool qui lui brûlera les yeux et qui le handicapera assez longtemps pour que j’aie l’avantage. Or, je n’en ferai rien. Du moins, pour l’instant. Je ne poserai sur lui aucun regard, pas  même une œillade assassine, qu’il se souvienne qu’ici, c’est mon lieu de travail et qu’il n’a aucun droit d’y venir pour me narguer sans m’avoir averti de son retour. D’ailleurs, depuis combien de temps était-il en ville désormais ? Combien de temps lui avait-il fallu pour se rappeler mon existence ? Un jour ? Deux jours ? Une semaine ? Un mois peut-être ? Une vague de colère s’empare alors de tout mon self control. . Une ire qui s’intensifia jusqu’à la rage dès l’instant où mes pupilles croisèrent les siennes. J’aurais juré qu’il me bafoua d’un rictus mauvais et, bien que je n’en sois pas certaine – ma faculté d’interprétation et mon imagination sont aussi redoutables que mes obsessions – j’ai fait fit de ma discrétion et de mes bonnes résolutions. Je m’étais promis que je ne lui concèderais que mépris et indifférence. Pourtant, d’un pas décidé, je me dirige jusqu’à sa table prête à lui cracher tout mon venin.

Obnubilée par sa seule présence, je n’ai pas remarqué tout de suite son acolyte que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam. Et, si dans un premier temps, le probable spectateur me freina, je finis par trouver un net avantage à ce témoin privilégié. Gabe malmène mon égo en permanence et je tenais l’opportunité d’assouvir une forme de vengeance. Sans doute la regrettais-je aussi vite. Je n’ai pas reculé néanmoins. Le plus lestement du monde, j’ai récupéré le dernier shoot de Tequila endormi sur le bois brut pour en vider le contenu au visage du bourreau de mon cœur. « Et maintenant, tu dégages. Vas-y, casse-toi. Retourne baiser tes petites putains d’Athénienne et remets jamais un pied ici. Je veux plus jamais voir ta gueule ici ou à moins de dix mètres. Tu m’entends ? » J’aurais pu hurler, mais je n’en ai rien fait. Je m’accrochai à ce besoin d’être convaincante pour éviter de me donner en spectacle devant cette salle remplie de piliers de comptoir. « Tu es sourd où quoi ? Prends ton petit copain par la main et foutez le camp avant que…» Que quoi ? Que je le jette à grand coup de pied ? Foutaises. Son insolence est de connivence avec mes sentiments et je sais qu'il gagnera. Comme toujours. Mais, cette fois, je suis décidée à lutter. Alors, la mâchoire contractée, je prononçai une menace peu convaincante compte tenu de mon faible gabarit « Casse-toi. Où je te jure que je te fais sortir moi-même… » Mes poings serrés sur mon T-shirt à l’effigie de Bono et sur le verre poli trahissaient ma nervosité palpable. À peine s’étaient-ils échappés de mes lèvres que je regrettais déjà mes mots menteurs. C’est moi, qui rôde comme un vautour dès lors qu’il est en ville. C’est encore moi qui ne peux m’empêcher d’être attirée à lui comme s’il était un aimant. C’est toujours moi qui me prétends apte à le sortir alors que je suis capable de lui courir après à peine aurait-il passé le seuil de la porte. Et, je prie. Je prie pour qu’un Dieu auquel je ne crois plus me donne la force de tourner les talons quand je demeure là, droite comme un I, les yeux noirs et les joues rougies, à entendre un « je-ne-sais-quoi » d’une déroutante incohérence.

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    « Qu'est-ce qu'une femme amoureuse ? Un sexe ? Fi donc ! C'est un assemblage confus de rancœurs, de revanches à prendre, de faiblesse, de narcissisme et de rêveries utopiques dont il faut savoir profiter au moment dévolu. Et avec brio, s'il vous plaît ! ► hellsangels - Hughette Maure - tumblr
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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyDim 13 Avr - 2:22

Je regarde Edwin droit dans les yeux, il reste plus qu’un shooter, le sien. Il essaie de balbutier quelque chose, apparemment il est pas habitué à boire et le fait que très rarement, il préfère l’effet de la dope circulant dans son sang. Ça explique ses cheveux manquants, les tâches bizarres sur ses bras et son air fatigué. Il se gratte le bras au niveau de ses cicatrices de piqûres, je grimace instantanément. J’ai jamais compris comment les gens font pour se foutre une aiguille dans le bras et aimer ça, juste histoire de se shooter un liquide sûrement toxique dans les veines. Je l’ai jamais fait, j’ai toujours préféré mes drogues inhalées par la voie orale. Drogue comme Mary-Jane, drogue comme l’entre-jambes de la magnifique blonde qui est en train de se ramener à ma table avec un air… comment dire, frustré ? Ça doit probablement être ça, quoique j’m’en batte les couilles, en fait. Edwin continue son monologue sans se soucier de la personne derrière lui, le shooter survivant se fait prendre en otage par l’hôtesse et vider à mon visage sans que je comprenne comment ni de où tout ça est arrivé et que y’a rien que j’aie pu faire pour l’éviter. La tequila trace sa route en dégoulinant lentement sur ma chemise, alors que je passe une main sur mon visage pour atténuer le restant collant. Un sourire narquois se dessine sur le coin de mes lèvres alors que mon esprit fulmine d’idées de comment lui remettre la pareille pour une telle action. Humiliation publique et attitude de tigresse par-dessus, c’est chaud. Foutrement chaud, même. Elle aura peut-être droit à une fessée plus tard, qui sait ? Je passe ma langue sur mes lèvres, calculant le goût du liquide alcoolisé dessus. Mon regard reste focalisé sur Julia, je fronce légèrement les sourcils, pas parce que je suis fâché, mais parce qu’elle a su rallumer cette flemme que j’ai pour elle depuis si longtemps. La flemme qui me permet de lui donner l’attention qu’elle pense qu’elle mérite et le temps que je lui consacre quand elle le demande. Étonnement, je suis majoritairement disponible pour elle, même si je lui donne l’illusion que non. J’aime la tenir en haleine et désireuse de ma présence et de voir dans ses yeux la réaction que je lui procure pour chaque action posée. J’analyse les remarques de la blonde, les repasse au peigne fin dans mon esprit et éclate de rire sans pouvoir me contrôler. Je ris tellement que je dois me plier sur ma chaise et reprendre mon souffle. Elle me regarde, insolite, je devrais peut-être m’excuser, mais je le ferais pas parce que je vois pas de quoi elle parle avec ses petites menaces à la con. Si j’m’en vais, elle va m’appeler plus tard pour qu’on se voit et elle va s’excuser de m’avoir foutu dehors sans le vouloir. Elle va encore trouver comme une excuse que c’était sous le coup de la colère et ça va se terminer dans mon lit, ou dans le sien, ou à l’endroit où on va se trouver au moment où tout cela arrivera. « Putain, ça faisait longtemps que j’avais pas ri comme ça. Merci Julia, vraiment. Ton humour m’a manqué. » Ainsi que ma poigne dans tes cheveux quand tu mords ma lèvre inférieure. Haha, je me surprends à sourire intérieurement à cette pensée, seulement pendant une brève seconde avant de reprendre mes esprits et de me souvenir qu’on a de la compagnie. « Dégage, on se verra une autre fois, j’ai des trucs à régler. » Edwin se faufile rapidement et discrètement à travers les gens présents, qui ont maintenant le regard rivé sur la demoiselle et moi-même. Je me lève et me place droit comme un pic devant la blonde, croisant les bras et la regardant durement. « Tu veux que j’retourne baiser des Athéniennes ? J’aimerais bien, mais j’ai un business à faire vivre ici et déjà le fait que j’me sois absenté pendant six mois a affecté quelques départements. C’est pour ça que, comme tu pouvais le voir y’a trois secondes et demi, j’étais en meeting avec un de mes compères de Los Angeles. » Dis-je, le regard austère. « À moins que t’aies les moyens de payer mes pertes, j’te conseille de te tenir tranquille et d’éviter d’interrompre mes rencontres sous prétexte que tu me boudes. T’es pas un enfant, Julia. Arrête d’agir de la sorte. » Ses yeux s’agrandissent, je vois les parcelles de colère qu’elle ressentait déjà s’enrichir et se transformer en haine, pure et dure. Je crois que j’ai atteint un point sensible, elle doit probablement penser que je la rabaisse, mais c’est pas le cas, je fais qu’éclaircir la situation débile dans laquelle elle s’est mise.

« Et j’peux savoir par quel moyen tu vas me faire sortir ? Parce que si on doit faire la comparaison, t’es minuscule, t’es pas armée et honnêtement, je pourrais simplement te prendre par-dessus mon épaule et jouer avec ton corps comme si t’étais ma poupée. » Jouer avec son corps, hmmmm, une de mes activités préférées… Je laisse cette pensée divaguer rapidement et reprends mon sérieux. « De toute façon, j’suis seulement venu ici parce que je savais que t’allais être là et que j’voulais te faire une surprise. J’suis revenu hier et j’ai dormi toute la journée. J’avais aucune envie d’appeler qui que ce soit. » Ce qui est vrai, n’empêche. J’sais pas pourquoi j’lui ai dit ça, probablement pour qu’elle se calme et me refuse pas le sexe pendant la prochaine semaine. Ce qu’elle a la mauvaise habitude de faire quand elle se met en tête que je suis un connard pourri qui nuit à son existence et qu’elle a besoin de « prendre une pause ». Qui a inventé ce genre de connerie, d’ailleurs ? Quand est-ce qu’on prend une pause quand on est en relation avec quelqu’un ? Peu importe la nature de la relation, n’importe quoi. Elle a pas besoin d’une pause, elle a besoin d’une bonne baise pour faire descendre la tension. Six mois sans rien faire, ça a dû être dur… Enfin, pour elle, pas pour moi. J’compte même pas le nombre de minettes qui ont défilé dans mon lit, quoique aucune d’entre elles m’apportaient ce dont j’avais réellement besoin… Je peux sentir sa respiration s’accélérer, je l’ai vraiment énervée, mais j’ai pas pu m’en empêcher. J’voudrais qu’elle réagisse, mais en même temps, au milieu de cet auditoire, vaudrait mieux pas. Elle pourrait perdre son job pourri – qu’à ce jour elle refuse de quitter – et m’en voudrait terriblement. Ce qui résulterait à une interdiction de la toucher et j’aime aucune option qui mène à une situation où j’obtiens pas ce que je veux. Je décroise les bras et prends rapidement sa main pour l’entraîner dans les chiottes dégueulasses de cet endroit satanique. Je prends soin de choisir celle des femmes et de barrer la porte pour empêcher l’entrée de qui que ce soit. Je déteste me faire interrompre, particulièrement quand je m’apprête à faire des trucs dans le genre. Je me retourne vers Julia et la prends par la taille pour la poser sur un des éviers crasseux, puis j’entre-ouvre ses jambes et m’y place, afin qu’elle soit barricadée. Je relève son menton avec un doigt et appose mon regard dans le sien. « Tu m’as manqué. » Rien que ces mots vont servir à m’ouvrir un tas de possibilités dans le livre à un million de pages qu’est Julia. Je laisse ma main glisser et monter plus haut sur son visage, pour que ma paume se pose sur sa joue et que j’aie toute son attention. J’utilise mon autre main pour caresser sa jambe et remonter lentement. Ma respiration commence à dérouter un tant soit peu. L’excitation monte lentement, pas seulement pour ce que je fais en ce moment, mais aussi pour ce qui va se passer par la suite. Julia reste immobile alors que je continue mon petit jeu à la con et quand elle ouvre la bouche pour dire quelque chose, je choisis ce moment propice pour l’empêcher de parler en l’embrassant brusquement. Mêlant maintenant mes deux mains dans ses cheveux et approchant mon bassin de manière à ce qu’on soit complètement collés. Je sens mon bas-ventre se coincer dans mon pantalon rapidement, l’effet qu’elle me fait à chaque fois, j’arrive toujours pas à mettre le doigt dessus, mais j’me questionne pas plus que ça, je laisse le moment l’emporter, si je l’amadoue assez, elle va oublier sa rage et me laisser la baiser vulgairement sur le comptoir de l’évier.

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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyDim 13 Avr - 23:06

J’aurais pu attendre de lui qu’il se lève, qu’il me prenne dans ses bras, qu’il me marmonne quelques sincères justifications l’air repentant et les mains tendres. Or, je sais parfaitement que je n’obtiendrai rien d’aussi doux à l’oreille. Gabe, il ne mange pas de ce pain-là. Il ne se confond pas en humbles excuses, il ne s’épanche pas non plus en délicatesse. Aussi, ai-je cessé d’espérer recevoir pareilles attentions de sa part. Je n’ai souhaité aucune réaction singulière non plus. Je cherchais simplement à sustenter ma colère en admirant, fière de moi, l’expression significative de la surprise sur les traits parfaits de mon amant. Quelle ne fut donc pas la mienne quand il rit de bon coeur ! Un rire franc et contagieux pour son acolyte à l’allure émaciée du camé de base. Je pourrais les gifler, tous les deux. Je pourrais aussi, toutes griffes dehors, me jeter au cou de Gabriel pour lui faire ravaler ce sourire narquois et offensant. A-t-il seulement conscience qu’il me fait mal ? Se permettrait-il de me vexer avec tant d’assurance s’il devinait comme il malmène mon égo ? De mémoire de femme, je n’ai jamais été aussi courroucée et irritée qu’à cet instant précis.

Détestable petit con ! Il me blesse avec une telle application que je n’ai jamais été aussi proche de le dégager définitivement de ma vie. Je ne m’en sais pourtant pas capable. Cette simple évocation suffit à serrer mon estomac dans un étau alors, mon égo, plus sage, m’impose un silence mesuré. Je serre les poings et les mâchoires pourtant. Mes dents grincent, mais je réprime tout de même mon ignoble désir de vengeance pour m’éviter l’humiliation d’être virée en public. Certes, je déteste mon job, j’aimerais même en changer, mais ignorant quelle voie emprunter pour servir mon épanouissement, je m’écroue à mes habitudes. Gabe relève du même ordre d’ailleurs, à la différence que lui, je l’ai dans la peau. J’en suis imprégnée corps et âme et, dès lors qu’il fronce les sourcils, j’ai peur d’avoir outrepassé les droits qu’il m’accorde. Le perdre, pour moi, s’apparenterait à une véritable catastrophe. Pourtant, je suis fatiguée de n’être qu’une marionnette dans le terrain de jeu qu’est sa vie, épuisée de lutter contre ce pouvoir qu’il a sur moi, éreintée de me battre pour être plus appréciée qu’un hochet en plastique qu’on confierait à un enfant. C’est vain. Je le sais bien. Ce qu’il offre en cadeaux et en infidélité est tout ce à quoi je peux prétendre et, si j’étais plus forte, je me rebifferais autrement que par un verre en plein visage ou un regard noir qui n’effraient personne. Mes colères, elles l’amusent et moi, impuissante, je ne peux que croiser les bras, la mine acrimonieuse en priant pour donner le change. Pff. Je rêve éveillée. Le discours est encore plu rogue que son attitude et je n’ai qu’une envie, lui cracher littéralement au visage. Littérairement, j’aimerais lui dire qu’il aurait suffi d’un coup de fil pour se saouler de mon humour. Mais, face à son ironie, je préfère m’accrocher à sa stupéfaction quand je débarquai à sa table, à cet effarement qui m’accorda un moment – aussi court fut-il – les pleins pouvoirs sur notre relation.

Évidemment, ça n’a pas duré. L’autorité de Gabe n’est pas un mythe. Entre son pognon, sa gueule d’ange et son physique d’armoire à glace, d’aucuns n’osent protester ses ordres. Pas même moi. Alors, le petit imbécile qui affiche toujours une grimace amusée au coin des lèvres quitte la table dès la première invective. Où il va ? Je m’en tape complètement. Tout ce qui m’importe, ce sont ces yeux curieux qui se posent sur Gabe et moi quand le mâle, dans toute sa virilité, me gronde comme une petite fille. Quel culot. Quand il me prend au détour d’une ruelle, j’ai l’air d’avoir cinq ans ? Il me dégoute avec son air supérieur et sa stature de Dieu grec qui attend que je me prosterne à ses pieds. Je souffre de ne pas le chasser hors du bar à grand renfort de chaise, chaise à laquelle je m’attacherais aussitôt pour ne pas lui courir après avant la fin de mon service. Je suis trop sensible à la dureté de ses mots et de son regard. Il me désigne coupable dune perte d’argent et, bien que je sois consciente qu’il retourne la situation à son avantage, je relèguerais volontiers ma rage propre et justifiée au placard, histoire de formuler quelques explications repentante sur le fond, mais vénéneuse dans la forme. Si je ne le fais pas, c’est qu’il ne m’en laisse pas vraiment le temps. Je l’envisageais pourtant, ma rédemption. J’avais même profité de sa verve pour coudre d’un fil d’or de quoi lui faire digérer la pilule des quelques deniers perdus par ma faute. Il m’enlève tout le goût de la trêve. Il me compare à une poupée et je dois respirer plus fort pour ne pas l’insulter avec violence, parce qu’il le fait exprès, j’en suis sûre. Il prend son pied à me rappeler que je ne suis qu’un jouet tout bon à danser quand il chante. « Tu me dégoutes » crachais-je alors peut-être trop faiblement pour qu’il puisse distinguer autre chose que ma moue tordue par mon aversion, une moue qui ne l’empêche pourtant pas de saisir brusquement ma main pour une destination presque imprévisible : les toilettes. J’aurais davantage compris qu’il m’abandonne à cette colère que le temps aurait tôt fait de muer en remords. Il me connaissait assez pour deviner que j’aurais frappé à sa porte quelques heures plus tard et j’en étais pleinement consciente. J’étais bien assez lucide pour savoir qu’il joue de mes faiblesses à grand coup de bluff. Aussi, me suis-je sentie à demi flattée quand il m’attrape par la taille pour m’asseoir sur le rebord de l’évier. À demi seulement.

Est-ce tout ce que je lui inspire ? Des toilettes répugnantes aux relents forts d’urines chargées d’alcool, de nicotine et de Marie-Jeanne ? C’est tout ce que j’éveille en lui ? Un speed sex de dix minutes après six mois d’absence ? C’est ça qu’il attend ? Que j’écarte des cuisses complaisantes pour qu’il se serve après m’avoir abandonné à une mort probable durant la tempête, alors qu’il se la coulait douce sur une plage grecque à faire son marché parmi un panel de Bimbo siliconée tout offerte à ses pupilles envieuses ? Je parie qu’en plus, il s’attend à ce que je le remercie, consentante et ravie, parce qu’il ne m’a pas oubliée, qu’il ne m’a pas remplacée non plus, qu’il a tout de même pris le temps de se pointer ici pour me faire une surprise, qu’il ne m’a pas non plus éconduit pour mon comportement d’impudente. Personnellement, je ne saurais dire ce qui me désole le plus : qu’il me croit capable de céder ou que je lui cède. Car, force est d’admettre qu’à sentir son bassin au plus proche de mon intimité, je ne présage plus que cette envie subite de nous débarrasser de nos jeans et d’arracher moi-même mon string. Comprenez, il m’abêtit de son doigt sous menton, de son œillade appuyée et de sa main vagabonde sur ma cuisse. Ma respiration se saccade déjà rien que d’imaginer la suite de ces événements improbables. Dommage qu’il gâche mon plaisir d’un mensonge surfait.

Paraît-il que je lui ai manqué. Foutu menteur de merde. Il m’aurait appelé si c’était vrai. Il aurait cherché à prendre de mes nouvelles quand l’annonce des dégâts causés par Héra a fait le tour du monde. Il m’aurait rassuré au téléphone alors que j’étais morte de peur. C’est à moi qu’il a manqué, à moi seul, mais je me tairai. Je cèlerai en moi ce secret au profit d’une horreur à formuler, d’une insulte coléreuse à troquer avec mon récent échauffement sexuel. Ainsi, j’ouvre la bouche sans qu’aucun son ne puisse sortir. Gabe ne m’en laisse pas le temps. Aidé par ses mains dans mes cheveux, il cueille à ma bouche entrouverte un fruit que j’aurais dû lui défendre. A défaut, mes jambes s’enroulent sur ses fesses outrageusement musclée et j’ondule déjà tout contre lui, tremblante d’anticipation, brûlante de convoitise. J’ai failli lui confier d’ailleurs. J’ai failli baisser les armes avant que l’ampoule dénudée des wc ne grésille un peu. Elle allait bientôt grillé et hors d’usage, elle finirait à la poubelle. Comme moi si je n’apprends pas à me défendre de moi et de mon obsession. Après tout, je n’ai aucune certitude que Gabe me concèdera mieux que cette vulgaire baise dans cet atmosphère nauséabonde si je lui donne ce qu’il veut maintenant. Alors, je renonce. Je me fais violence et, mes mains jusqu’alors accrochée à son cou, échouent sur son torse pour le repousser fermement. « T’es vraiment qu’un pauvre type, Gabe. Tu es qu’un putain d’égoïste de merde. Mais tu m’as pris pour qui ? Tu as vraiment cru que tu allais me baiser ici ? En moins de cinq minutes ? C’est tout ce que tu as appris là-bas avec tes putains ? Qu’est-ce que tu crois ? Que tu m’as manqué au point de me désaper parce que tu me fais enfin l’honneur de réapparaître. Six mois. Six mois que je n’existe pas pour toi. Et tu débarques en grand seigneur persuadé que je t’ai attendu ? Mais va te faire foutre. Je t’appartiens pas.» Durant cette conclusion, j’ai cherché à faire fi de cette cuisante envie de rompre enfin ma réelle abstinence. D’ailleurs, sous-entendre le contraire était stupide à souhait. Ridicule même. Protester devait sans doute être aussi amusant que mon agression d’il y a quelques minutes. Alors, j’ai voulu tenter le tout pour le tout. Je me suis dit que, quitte à donner de ma personne, autant le faire avec panache. « Et si Andrew nous a vu entrer ici, je risque d’avoir de sérieux ennuis. Et toi aussi d’ailleurs…je crois qu’il est plutôt du gere jaloux. Maintenant, laisse-moi descendre s’il te plait. Je n’ai pas envie de perdre mon job et mon mec… tu sais, un mec, un vrai. Un gars qui prend vraiment soin de toi et rien que de toi. Un mec qui disparaît pas comme un voleur et qui consacre pas sa vie à des putains d’Europe en se choisissant une plus régulière parce que c’est qu’une grosse merde qui a besoin d’un conne pour avoir un peu de pouvoir. » Je n’ai jamais été douée pour le mensonge. En fait, je n’ai jamais été capable de mentir à Gabe. Mais, j’ai fait un effort sans pour autant esquisser le moindre mouvement pour m’enfuir.  Mon but, c’était de le blesser, de lui foutre les nerfs, lui rendre la monnaie sa pièce pour ce départ qui, d’une certaine manière, m’a tué à petits feux.  



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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyLun 14 Avr - 3:40

De tous les discours de râle que j’ai entendu venant de la part de Julia, celui-ci est une première. Enfin, pas la partie « tu me dégoûtes » que j’ai minutieusement fait exprès de ne pas prendre en compte, parce que j’m’y suis habitué depuis un bon moment déjà. Normalement, elle me le dit quand je lui fais un truc vraiment salace qu’elle finit par apprécier en fin de compte. Du coup, ça passe bien… Mais là, j’ai comme l’impression qu’elle le dit et le pense vraiment, ce qui m’a pas effleuré l’esprit auparavant. Peut-être parce que jusqu’à présent, j’en ai toujours rien à foutre. Je sais pas comment lui expliquer quoi que ce soit, je sais pas comment lui dire ce qu’elle veut entendre parce que c’est pas ça que je pense ou ce que j’ressens, même. J’lui ai jamais menti sur mes intentions, ni ce qu’elle m’apportait – bon ok peut-être que oui – mais ça… Je sais pas, c’est différent. Peut-être que c’est dû au fait que j’sois parti aussi, ça a dû l’irriter gravement, au point où elle tente seulement de jouer avec mon égo surdimensionné. Malgré toutes ces années qu’on a passé ensemble, elle a jamais réussi à atteindre quoi que ce soit. De déclencher en moi la moindre réaction assez violente pour que j’aie peur de quoi que ce soit, peur qu’elle décide que c’que j’lui donne est pas assez ou qu’elle me menace de s’en aller pour la millionième fois et qu’elle le fasse pas tout simplement parce qu’elle sait qu’elle trouvera pas mieux ailleurs. Techniquement, elle peut… trouver mieux ailleurs, mais la connaissant, ça lui prendra du temps avant de refaire confiance à quelqu’un comme ça. Enfin, je crois. Je la regarde droit dans les yeux, figé par ses paroles perturbantes qui me font rater un battement de cœur et froncer les sourcils instantanément. « J’ai pas envie de perdre mon job et mon mec. » Quel mec ? De quel putain de mec est-ce qu’elle parle, là ? Quelle enflure a osé poser le regard sur Julia sans me demander la permission avant ? Qui est le salopard qui s’est permis de poser ses pattes de chien galeux sur ma Julia ? Bordel de merde ! J’vais le retrouver et lui faire avaler ses intestins, on touche pas à ce qui m’appartient, jamais ! Bref, elle a pas l’air de me croire quand je lui dis ce que je pense réellement, pour une fois, qu’elle m’a manqué. C’est pas tous les jours que je pense à une personne au point d’en devenir sénile, à vrai dire ça arrive jamais, sauf pour elle. Surtout quand les nouvelles de la tempête ont frappé. J’suis devenu fou, j’étais juste pas en mesure de l’appeler, j’pouvais pas, j’savais pas quoi dire. Déjà, je l’avais pas prévenu que j’allais partir, alors l’appeler de Grèce et faire genre que je m’inquiète, elle l’aurait pas gobé une seule seconde. Julia sait que j’suis pas un sentimental, j’comprends même pas comment elle pourrait espérer que j’accorde autant de temps à passer un coup de fil qui aurait aucun rapport avec mon business. J’appelle pas ma propre sœur – ce qui lui donne des envies de meurtre incontrôlable envers ma personne –, soit elle m’envoie un texto, soit elle m’envoie un courriel. Les rares fois où on se parle c’est quand elle débarque ici et qu’elle veut que j’vienne la chercher, ou quand elle a besoin de parler d’un truc important que seul moi puisse comprendre. « J’ai cru que j’allais te baiser ici, oui. En moins que cinq minutes par contre ? Voyons Julia, donne-moi un peu plus de crédibilité que ça… Depuis qu’on couche ensemble, ai-je déjà duré moins de 20 minutes ? » Ça, c’est pour la lui boucler et pour me défendre contre son attaque verbale d’un nouveau mec dans sa vie. J’y crois pas, si elle veut que je la lâche sous prétexte qu’elle s’est trouvée un autre prétendant, va falloir qu’elle me prouve qu’il existe et qu’il la traite bien. Va falloir qu’il soit digne de l’avoir près de lui et disponible quand l’envie lui prend. Va falloir qu’il me passe par-dessus et ça… Haha, c’est impossible. J’cèderais jamais Julia à qui que ce soit, j’accepterais tout bonnement jamais qu’elle fasse plus partie de ma vie. « J’te crois pas une seule seconde pour ton mec. » Ça, c’est à voir et à revoir. J’comprends toujours pas pourquoi j’ai eu cette réaction aussi soudaine tout à l’heure. « Pour ton job, j’m’en tape, j’t’en trouverais un autre qui paye mieux et où ton patron a pas envie de te violer avec son air crasseux dégueulasse. D’ailleurs, s’il continue de te faire des avances ou de te toucher de manière inappropriée, il aura affaire à moi. Puis honnêtement, tu sais déjà que j’suis égoïste, j’vois pas en quoi ça change quelque chose. Tu me connais mieux que personne, tu sais très bien que j’suis pas du genre à me plier aux normes, alors pourquoi est-ce que tu dois me casser les couilles pour ça ? »

Sérieux, j’vois même pas comment elle peut me reprocher des trucs qu’elle sait déjà. J’veux dire, c’est pas difficile, rien qu’à me regarder on devine rapidement quel genre de personne j’suis. J’partage pas, j’donne rien qui me rapporte pas, je manipule les gens comme je veux et j’en fais ce que je veux parce que je le peux. C’est vraiment simple comme description. J’vois pas pourquoi j’entrerais dans les détails, surtout parce que Cole sait pertinemment que je laisse personne m’amadouer. « Et comment t’oses me dire que t’existes pas pour moi ? Tu crois sérieusement que pendant ces six mois j’t’aurais laissé sans rien ? À ce que j’sache, j’ai continué de payer toutes tes dépenses et j’ai foutu Manners sur ton dos. Tu le voyais pas, mais il était là, il me rapportait c’que tu faisais tous les jours, que ce soit avant ou après la tempête. C’est pas parce que tu vois pas quelque chose que ça veut dire que c’est pas là. » J’lui avais jamais dit pour la surveillance jusqu’à maintenant. Si ça va permettre qu’elle me lâche un peu pour les six derniers mois, alors j’vais lui en faire part. Eh merde, maintenant elle va râler sur le fait que je la fasse surveiller sans son consentement et va sûrement me dire que c’est de l’harcèlement. Un sourire narquois apparaît sur mon visage à cette pensée, ce serait quand même drôle, n’empêche. Et là j’ai droit à la comparaison entre elle et les autres filles et au fait qu’elle soit une vulgaire prostituée que j’aie choisi de mon lot pour représenter les autres. Elle est folle, définitivement. Pourquoi est-ce que j’reverrais les autres si elle est là ? Ou encore, pourquoi j’me casserais la tête à me coltiner une fille avec qui j’ai absolument aucune affinité, aucune connexion et qui arrive pas à me faire bander aussi dur qu’elle. Bon, voilà, c’est dit. « J’t’interdis de te comparer à mes conquêtes, est-ce que je t’ai déjà traité de pute ? Est-ce que je t’ai déjà dit que tu valais rien et que t’étais personne ? Tu fréquentes pas quelqu’un pendant six ans quand cette personne vaut rien, Juliana… Et pour en revenir à cette remarque de ‘je t’appartiens pas’. » Je m’approche d’elle au point qu’elle ait vraiment aucun espace pour une manœuvre quelconque de faufilage. Je prends son visage entre mes mains et m’assure de percer son regard avec le mien, qu’elle comprenne à quel point je suis sérieux sur ce que je m’apprête à dire. « Oui, tu m’appartiens. J’te laisserais jamais partir, tu comprends ça ? » Je reste immobile pendant plusieurs secondes, mes yeux toujours dans les siens. Mon érection recommence à prendre de la force, quoique je sais pas pourquoi, Julia bouge pas d’un poil, mais la tension est tellement intense qu’elle me pèse et que j’arrive pas à le contrôler. Ça fait trop longtemps, j’en ai besoin, mais j’vais pas la forcer si elle veut pas. J’ai beau être un connard de la pire espèce, j’passerais jamais cette limite.

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i see you gon own that shit
I'm friends with the monster that's under my bed. Get along with the voices inside of my head. You're trying to save me, stop holding your breath, and you think I'm crazy. Yeah, you think I'm crazy, but that's nothing. Now I ain't much of a poet, but I know somebody once told me to seize the moment and don't squander it, cause you never know when it could all be over.

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Julia Cole
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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyLun 14 Avr - 21:34

Gabe mérite tout mon mépris, il mérite que je le déteste un tant soit peu pour ces comportements davantage à subir qu’à apprécier. Mais, il ne méritait pas ce mensonge éhonté. Moi, de sa part, je n’ai pas souvenir d’avoir eu à souffrir de faux-semblants. Jamais il n’a prétendu m’aimer, il n’a jamais promis l’éternité d’une histoire d’amour banale à pleurer, il n’a même jamais essayé de me convaincre de sa fidélité quand je sais qu’il se considère comme un célibataire endurci. Gabe, il assume tout ce qu’il est et tout ce qu’il fait, avec cette vanité déroutante que je crains autant que d’être abandonnée. Et c’est bien ce dont il s’agit. En quittant Chino sans un mot, le dealer a réveillé les vieux démons de mon enfance, il a sorti du placard les cadavres de mon adolescence. Or, je sais les ravages du désagréable sentiment de n’être qu’une goutte d’eau dans l’océan. Tout comme je sais que le jour où Gabriel me relèguera au rang des souvenirs – ce qu’il finira par faire, j’en suis certaine – je ne vivrai plus, je survivrai.

Contrairement à ce que j’essaie de lui faire croire, je lui suis totalement dévouée. Il pourrait tout obtenir s’il prenait le temps de se pencher sur mes désirs. Il ne le fait jamais. Il se contente de m’entretenir en continuant à vivre une existence décadente dépourvue d’attache. Pourtant, un jour, peu après la mort de ses parents, j’ai cru qu’il avait fait de moi son ancre. Il s’était installé chez moi et, si je n’ai posé aucune question, je me suis montrée aussi disponible que pouvait l’être une femme amoureuse. Puis, il m’a tout repris, comme ça, sans crier gare. Il a repris ses mauvaises habitudes, me laissant nager dans une kyrielle d’incertitudes. Certes, j’ai appris à me méfier de son besoin viscéral d’indépendance. Il ne se mue en son contraire que si le sort le prend pour cible. Alors, à ses sourcils froncés, signe présumé de son effarement devant ma fadaise, je ressens la piqûre sournoise de la culpabilité de ma nuque à mon cœur. Je pourrais faire machine arrière si je n’étais aveuglée par le calvaire de ses six mois de silence. J’aurais même pu être heureuse de le voir assis à une table si je n’avais pas nourri envers lui une rancune sans précédent. Je ne m’attendais plus à ce qu’il me revienne, parce que c’est long six mois. Très long. Même lui n’a pas conté autant de secondes avant de faucher les blés de ma virginité. Alors oui, je me sens coupable, mais je ne renonce pas. J’affronte son regard avec une défiance qui m’impressionne moi-même. Jamais je n’avais fait preuve d’une telle détermination à le pourrir à ce point. Jamais. J’ai déjà protesté avec véhémence, râlé avec écœurement, hurlé à m’en briser les cordes vocales. Je l’ai déjà giflé avec force, écrasé mes poings sur son torse pour manifester mon antipathie, mais jamais je n’ai fait montre d’un pareil sang-froid.

En général, j’ai tellement peur qu’il franchisse pour toujours le seuil de ma porte que je me contente d'opiner docilement du chef. À croire que je me suis habituée au manque de lui, de ses mains, de son corps, de nos impromptues parties de jambes en l’air. Peut-être même y ai-je trouvé l’excuse parfaite pour soulager ma conscience de boire de plus en plus souvent, et de fumer davantage de joints que de cigarettes. Finalement, on n’est pas si différent lui et moi. Je me rassure en vapeur de cannabis quand il se convainc d’être un amant redoutable. Evidemment, il n’a pas tout à fait tort. Je n’ai pas besoin de point de comparaison pour être sexuellement satisfaite de mon sort. D’antan, à peine posait-il la pulpe de ses doigts sur ma peau nue que je tremblais de tout mon être. Aujourd’hui, s’il s’agit toujours d’une vérité générale, son culot, maîtresse de ma colère, m’empêchent de savourer le plaisir d’être à nouveau aussi proche de lui. Je déteste l’entendre se gausser de ses exploits dès lors qu’il s’agit de moi. Ce que je cède, il ne le vaut pas et le luxe dont il me couvre aggraverait même la situation. Comment je fais, moi, pour expliquer à mes copines qu’une serveuse de mon acabit vit dans une baraque tout confort prépayée par un type qui n’est pas son mec ? Rien d’étonnant à ce qu’elle me réponde inlassablement que je tiens toute la panoplie de la pute de luxe. « Et bien tu t’es fourré le doigt dans l’œil, et bien profond. Tu me baiseras pas. Ni ici, ni ailleurs. Parce que j’ai trouvé mieux ailleurs… quelqu’un qui tient plus de 20 minutes justement. Tu fais pas le poids. Tu es content ? C’est ce que tu voulais entendre ?» affirmais-je sans grande conviction tant je m’en veux de lui servir un tel boniment. Je ne cherche même pas à me montrer définitive. En fait, je veux simplement qu’il enrage et je suis presque rassurée qu’il n’ait pas compris mon allusion quant à l’identité de ce ‘mec’. Andrew, c’était plutôt pathétique et ça m’aurait sans doute valu un nouvel éclat de rire.  « Et puis, je m’en fous que tu me crois ou pas. Je m’en fous autant que tu t’intéresses à moi. Tu vois le genre ? Maintenant, laisse-moi passer.»

Je prévoyais de me tortiller dans tous les sens pour me dégager mais son discours réprima tout mouvement. Il me fait surveiller. Ce petit enculé me fait surveiller par Manners et j’oscille entre l’envie d’exploser ou de me radoucir. Ça me débecte autant que ça me rassure. Ça me débecte parce qu’une fois encore, il me réduit à l’état d’objet. Ça me rassure, parce qu’on ne prend d’assurance que pour les biens auxquels on tient. Sauf que j’ignore à quel point il peut être sincère. Pour quelques minutes d’ivresse incandescente, Dieu seul sait ce qu’il pourrait m’inventer. Ouais. J’admets, je noircis un peu le tableau, mais je ne supporte pas ce petit sourire narquois qu’il affiche soudainement. Je ne supporte pas que malgré ma colère, la tension sexuelle qu’il dégage me paralyse de tout mouvement. J’aurais déjà dû être dehors. J’aurais dû le fuguer au lieu d’entamer cette joute verbale. Mais, j’ose pas. J’ose pas sortir parce que j’ai peur de plus le revoir. J’ose pas sortir, alors je calcule à quel point je peux compter pour lui. Reprenons, il ne m’a pas laissé sans rien. C’est vrai. Ça ne prouve rien cependant. J’habite seule dans sa maison depuis que je l’ai choisi au profit de mes parents, ça ne l’a pas empêché de se barrer pour se dorer la pilule au soleil. Il m’a jamais traité de pute ? Ouais ! En même temps, il n’a même pas conscience que s’il ne le formule pas en mots, il ne me traite pas mieux pour autant. Il n’a jamais non plus exprimé ouvertement que je ne valais rien. Tu m’étonnes ! A contrario, il ne me ferait pas surveiller comme un Picasso. Il serait prêt à casser la gueule de mon patron s’il le surprenait encore à poser sur moi ce regard vicieux qui m’oblige à détester sa compagnie. Et ça, je ne me l’explique pas. Ou, tout du moins, je ne me l’expliquais pas vraiment avant qu’il n’enserre solidement mon visage entre ses larges mains pour me déclarer, au fond des yeux, que je suis sa propriété.

Ce que je comprends, moi, c'est que de mon corps, je ne suis que l’usufruitière et j'en reste complètement stoïque. Alors, j’avais raison. Je ne suis qu’un pantin pour lui, une poupée de chiffon et, étonnamment, mon cerveau malade d’obsession s’en grise au point que je ne respire plus vraiment librement. Il s’en grise si bien que, pour la première fois depuis notre première rencontre, je prends conscience que je détiens entre mes mains de quoi lui faire mal autant qu’à moi, je détiens de quoi me venger et en beauté. Dès lors, si je m’apprêtais à renoncer à mon boniment, je choisis sciemment de m’y enfoncer à mes risques et périls. Je m’en fous des conséquences – du moins, pour l’instant – un peu maso, j’adore lire dans ses pupilles contractées que ma colère est contagieuse et qu’à me croire si bien acquise, je peux le faire choir de ses échasses en quelques mots : « Alors, c’est ça ? » commençais-je faiblement pour m’accorder plus de poids au monologue qui s’annonce. « C’est parce que je t’appartiens que tu as demandé à Manners de me surveiller. Et c’est aussi parce que je t’appartiens que tu t’es barré comme un lâche sans moi. Mais, dis-moi, tu crois que je t’appartiens toujours quand je me balade à moitié nue dans l’appartement de mon mec ? Et quand il me fait l’amour, oui, parce que lui, il me fait l’amour…je t’appartiens encore ? Et quand ses mains ont glissé sur ma peau, tu crois que je t’appartenais toujours ? Tu crois que le sexe, c’est mieux avec lui ou avec toi ? Tu crois que c’était juste agréable ? Incroyable ? Démentiel ? Tu veux que je te réponde, histoire que tu saches si je t’appartiens vraiment ? » Et les mots sifflent sur mes lèvres dessinées dans un rictus un peu mauvais. Je ne saurais dire quelle folie m’a piquée. Je veux juste qu’il devine ces mains étrangères courir sous mon T-shirt, ses doigts audacieux marqués mon sein blanc. Je veux qu’il m’imagine transie pour un autre, mais pas trop longtemps. Juste le temps qu’il assimile que : « Tu m’as laissé toute seule… pendant six mois et c’est long. C’est super long. Plus long encore que le temps qu’il m’a fallu pour te faire confiance. Alors, non… je t’appartiens pas… parce qu’en six mois, les choses changent forcément…. » Parce que six mois a suffi à ce que je l’aime désespérément plus encore.  

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Gabriel Kostas
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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyMar 15 Avr - 0:57

Si j’avais fumé un – ou plusieurs – joint avant de venir ici, ça m’aurait aidé à garder mon calme, ça m’aurait permis de voir les choses autrement et peut-être imaginer une autre solution à ce problème commençant gravement à me tracasser. Le nom évoqué résonne dans ma mémoire et j’arrive pas à faire taire la voix démoniaque qui me commande d’aller le détruire. Julia doit pas être sérieuse en me disant tout ça, parce que si c’est le cas, quelqu’un va mourir ici ce soir. Je me tape des conséquences, les policiers ici me tournent autour depuis perpette sans oser faire quoi que ce soit parce qu’ils savent à quel point j’suis puissant et que j’connais trop de gens pour me faire arrêter pour la moindre raison que ce soit. Si je tabasse quelqu’un c’est justifié, si j’décide de mettre fin à la vie de quelqu’un, c’est justifié aussi. Rien ne passe au-dessus de ma tête, si quelqu’un croise mon chemin et se trouve du mauvais côté des rails, je le termine et c’est tout. J’refuse qu’on fasse de moi un petit con naïf et qu’on puisse profiter du fait que j’sois un tant soit peu gentil. Je suis pas gentil, je l’ai jamais vraiment été, peut-être quand j’étais gamin et à l’adolescence, mais mes 16 ans ont frappé et j’ai appris que dans ce bas monde, c’est chacun pour soi et on peut pas compter sur les autres. C’est le traitement auquel je me soigne depuis des années et ça me va parfaitement comme ça. J’me dis que comme ça, j’ressentirais plus la douleur que les autres êtres humains peuvent causer. Je suis froid, cruel, un vrai fils de pute, j’en ai absolument rien à foutre. J’tiens pas beaucoup de gens à mes côtés parce que je sais que tôt ou tard, ils vont finir par me foutre un poignard dans le dos. Je m’y attends, je le sais, mais là je l’ai pas vu venir et j’ai l’impression que plus les secondes passent, plus le sang circule rapidement dans mes veines et m’oblige à fermer les yeux quelques secondes et de prendre une grande respiration, avant de complètement lâcher la pédale et me laisser emporter par cette furie démentielle qui se faufile doucement mais sûrement dans mes pensées. Elle me rend dingue, elle peut pas, ça se peut pas, j’ai mal entendu. J’peux pas avoir bien entendu parce que si c’est le cas ça veut dire que pendant ces derniers mois, elle s’est donnée à quelqu’un d’autre qui était pas moi. J’peux comprendre que ma non-présence l’ait affectée, mais au point d’aller voir quelqu’un d’autre et d’oser lui donner ce qu’elle m’a donné y’a si longtemps ? J’accepte pas qu’un autre salopard ait posé ses doigts – que je compte d’ailleurs lui couper, l’un après l’autre – sur la peau délicieusement chaude de Julia. C’est moi qui l’avais, c’est moi qui la prenais jusqu’au petit matin, afin qu’elle se réveille complètement stone de douleur et puisse pas fonctionner correctement, attendant impatiemment la prochaine dose. Bordel de merde, j’vois rouge. Tout est rouge, puis noir. Tout vient de virer au noir. « Non, c’que j’veux entendre c’est toi qui crie de plaisir sous le joug de mes mains. » Dis-je, avec un teint de voix clairement plus rauque que celui que j’emploie d’habitude. « J’vais le tuer, tu m’entends ? J’vais le tuer et ensuite t’auras pas le choix d’être avec moi. » J’ai dit ça en la regardant droit dans les yeux, j’ai ensuite détourné le regard pour rassembler mes pensées et savoir comment j’vais m’y prendre pour exécuter le plan qui commence à se former à l’arrière de ma tête. « J’viens de te dire que j’allais tuer pour toi, alors prends-le comme tu veux, mais dans mon livre, ça veut pas dire que j’en ai rien à foutre. » Et le discours continue. La description de ce que cet enculé lui fait et lui a fait pendant que j’étais pas là.

Quand elle fait la référence aux six mois, puis le temps qu’elle a pris pour me faire confiance, je pige directement de quoi elle parle. Elle essaie de me rappeler le jour où elle m’a dit qu’elle était enfin prête à ce que je la débarrasse de ce qui la séparait de la norme des autres filles – qui étaient, à l’époque, sans grande importance à mes yeux – de son âge et avec qui elle avait parfois l’habitude de se tenir. Elle était pure, complètement chaste quand elle et moi on s’est rencontrés et ça a changé cinq mois après. Je le sais parce qu’avant ça, j’avais jamais fait autant d’efforts pour qui que ce soit, mais juste le fait que ce point jouait gros dans sa popularité auprès de mes potes et surtout moi, j’me suis arrangé pour qu’elle voit que moi. J’voulais toute son attention, j’voulais qu’elle pense que j’sois irremplaçable et qu’elle pourrait jamais se passer de moi. J’aimais l’attention, j’aime toujours l’attention, c’est ce qui me permet d’exceller dans ma vanité et le dur labeur que je m’acharne à achever tous les jours. J’me suis rendu viscéralement important à ses yeux et je l’ai possédée, tellement bien qu’elle est venue en redemander plus et que depuis cette fois-là, je l’ai eu. Elle m’appartient, c’est la seule fille qui ait jamais autant apprécié mon style de vie sans autant vouloir le modifier, ni me faire changer de la personne que j’suis. Elle sait pas que c’est rafraîchissant de pas avoir quelqu’un de chiant qui nous colle à longueur de temps, elle sait ce que ça fait aux autres mecs de la voir avec moi, parce que tout le monde sait qu’elle est trop bien pour vouloir d’un trouduc comme moi. Ça me fait marrer ça, d’ailleurs. Que les gens croient que j’valle rien alors que quelqu’un du niveau de Julia me donne de l’importance. Ils peuvent tous aller se faire enculer, de c’que je sais, j’me tape des opinions des gens. On s’en sort jamais à moins de se laisser abattre par des trucs carrément inutiles qu’on appelle des sentiments. Je me mouille légèrement les lèvres avec ma langue, le grognement que j’effectue au fond de ma gorge me ramène à la réalité de la situation : Julia a trouvé quelqu’un d’autre. Quelqu’un que je vais m’empresser d’aller tuer. C’était quoi déjà le nom qu’elle avait mentionné tout à l’heure ? Andrew ? Ouais, et en plus d’être un vieux pervers, il avait vraiment osé foutre les pattes dessus. Mais comment est-ce que Manners a pas pu le voir ? Comment a-t-il pu manquer une telle information ? J’vais le faire virer et le tuer putain de merde. J’peux pas croire cette saloperie. Julia démord pas, normalement quand elle veut me faire croire un truc con, elle abandonne après deux tentatives en éclatant de rire parce qu’elle arrive pas à garder un visage sérieux, mais c’est pas ça maintenant. Donc elle est sérieuse. Manners, prochain sur ma liste. Mes poings sont tellement serrés qu’ils me font mal et commencent à couper la circulation dans mes mains, donc pour faire descendre la pression, j’les fais transpercer le mur derrière la tête de Julia. Les deux percutent le mur en carton en même temps et j’peux maintenant voir à travers l’édifice à cause des trous que j’viens d’y mettre. « JOUE PAS AVEC MOI JULIANA, TU SAIS QUE ÇA VA PAS BIEN SE TERMINER ! » Elle a sursauté et s’est mise en petite boule contre mon torse. Si j’étais pas si énervé, j’aurais mis mes bras autour d’elle pour la protéger, mais au lieu de ça je me retire et me dirige vers la porte, les pieds lourds comme des ancres, les poings semi-ensanglantés et la rage m’entraînant dans une tornade de pulsions meurtrières et excessivement toxiques.

Je fais claquer – presque casser – la porte de la toilette des femmes contre le mur désormais troué et fulmine, marchant systématiquement en la direction de l’autre homme de Julia. « Il est où ? ANDREW ? ESPÈCE DE GROS SALOPARD, RAMÈNE TA TRONCHE ! » Que je gueule dans le petit bar, tous les regards sont de nouveau rivés sur moi. J’entends des bruits de pas derrière moi, probablement ceux de Julia. La connaissant, elle essaierait probablement de m’arrêter, sachant très bien que c’est impossible. Elle m’a lancé sur ce chemin de pure rage et rendu là, j’ai pas l’intention de me calmer. J’marche vers l’arrière du bar et ouvre toutes les portes sur mon chemin. Il est pas derrière la première, ni la deuxième, j’vais le trouver parce que sinon quelqu’un d’autre va manger sa punition à sa place. J’entends un rire vicieux de l’arrière de la salle des employés aussi grande que mes chiottes. Dehors, en train de fumer une ciga– sa dernière cigarette, pardon. Je pousse la porte assez fort pour la faire claquer contre le derrière de l’édifice, il sursaute et échappe son portable. Je m’approche de lui, le regard sénile et imbibé de l’état bestial dans lequel j’suis en ce moment. « Touche pas à c’qui t’appartient pas, ta mère t’a jamais appris les bonnes manières ? » Et une droite, une. Il perd rapidement équilibre, mais tombe pas encore au sol, je m’approche et le pousse avant de lui foutre un coup de poing de ma main gauche cette fois. Si j’ai bien appris quelque chose en me battant, c’est d’équilibrer la force des deux côtés. Alors qu’il gigote parterre, je m’avance de nouveau vers lui et me mets en position califourchon pour accrocher son collet de ma main et lui administrer une deuxième droite, puis une troisième, puis une quatrième. Ma main commence sérieusement à me chauffer et j’vois clairement le sang couler, mais j’sens rien, tout ce qui m’importe en ce moment c’est le craquement du nez d’Andrew effectué par mon crochet d’enfer. Je lui fais encore l’honneur d’une droite avant de m’arrêter et de secouer la douleur ressentie dans mes jointures. Ça faisait foutrement longtemps que j’avais pas tabassé quelqu’un, et ça fait vachement de bien ! Toute la putain d’euphorie malsaine que j’ressens depuis tout à l’heure s’est évaporée à chaque fois que les gémissements d’Andrew se faisaient encore plus intenses. La sueur perle sur mon front alors que j’me relève et je reprends lentement mon souffle, regardant mon œuvre fraîchement peinte se dandiner parterre comme une fillette.

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i see you gon own that shit
I'm friends with the monster that's under my bed. Get along with the voices inside of my head. You're trying to save me, stop holding your breath, and you think I'm crazy. Yeah, you think I'm crazy, but that's nothing. Now I ain't much of a poet, but I know somebody once told me to seize the moment and don't squander it, cause you never know when it could all be over.

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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyMar 15 Avr - 21:16

Si je le dupe avec tant d’effronterie, c’est entièrement de sa faute, car il m’a tout bonnement humiliée. Je peux subir sans broncher sa perpétuelle mauvaise humeur. Je peux même accepter ses frasques d’immature. Mais, ce soir, je refuse obstinément qu’il me crache un rire moqueur en plein visage ou qu’il prétendre de mon plaisir comme s’il était un dû, un privilège qu’il m’accorde et dont je dois me satisfaire. Je vaux mieux que ça, moi. Je vaux indéfiniment plus que ce qu’il m’alloue sous prétexte qu’il n’est pas capable de m’apprécier autrement que son indicible contrôle. Alors, je le dupe d’un mensonge qui, au départ, ne devait être qu’un avertissement. Un ronflant signal d’alarme à interpréter comme un appel à l’aise. En général, je me contente de peu, et chacun aurait repris sagement sa place s’il s’était mieux conduit. Quoi ? Je ne le mérite pas ? Je ne mérite pas un peu de respect ? Un peu de sainte attention à titre d’exception ? Peut-être pas. Je n’en sais trop rien. Tout ce dont je suis certaine, c’est que j’en avais besoin. J’avais besoin de me sentir un tant soit peu plus importante qu’un vieux clou de cercueil rouillé et tordu. J’en avais besoin pour me bercer à nouveau d’illusions et, avant tout, pour récupérer le pan entier de confiance en moi que Gabe emporta avec lui sur ses îles européennes. Or, même cette infime et anodine prétention, il a préféré l’ignorer. Aveuglé par ce désir de possession, il n’a entendu que lui, comme d’habitude. Donc oui, j’ai peint le tableau factice d’une étreinte brûlante avec un autre que lui. Oui, j’ai fomenté un plan mensonge pour lui reprendre l’exclusivité. Et non ! Non, je ne regrette pas. Je ne souffre d’aucun remords tant l’entendre grogner son mécontentement est jouissif. Le voir fermer les yeux ourdit en moi l’espoir que mille questions le tiraillent pour démêler le vrai du faux de mon propos. Quant à ses mains, constater qu’elles se muent en poings serrés m’est presque délectable. Presque seulement.

En les écrasant tous deux sur les murs préfabriqués de la bâtisse – à se demander comment elle a survécu à la tempête -, en hurlant ce qui ressemble à s’y méprendre à une menace, il sème en moi un vent de panique qui s’exprime par un sursaut. En fait, en proie à ma peur soudaine, j’aurais juré les avoir entendus siffler à mon oreille, ses poings. Dès lors, dans un réflexe humain et sans doute maladroit, je me réfugie tout contre son torse. Mon cœur cavale, il s’emballe, et en moins d’une seconde, je marmonne la vérité. Malheureusement, ce n’était qu’un souffle faiblard, un souffle étouffé par le tissu cotonneux de sa chemise et il ne le perçoit pas. Il demeure sourd à mes excuses et je comprends qu’il est trop tard. Trop tard pour reculer. Trop tard pour qu’il m’écoute. Il a déjà quitté la pièce avec fracas. La porte, de piètre qualité, se fend de tout son long et j’ai une pensée pour Andrew que j’ai envoyé à l’abattoir pour préserver les bribes d’égo qu’il me reste. Un peu mauvaise, je pourrais me rassurer en me répétant comme un péan que ce pervers n’obtient finalement que ce qu’il mérite. Après tout, s’il est reparti plusieurs fois sans demander son reste, ce n’est pas faute d’avoir usé de son autorité sur moi. Combien de fois ne m’a-t-il pas coincé entre deux fûts pour me sauter comme ces autres employées ? Combien de fois n’ai-je pas dû glisser subrepticement le prénom de Gabriel pour qu’il se souvienne que je suis chasse gardée ? Qu’il se rappelle que, lorsqu’il m’a fait engager, le dealer millionnaire – milliardaire ? – a expressément négocié ma tranquillité. Pas de coup bas, pas de drague intempestive, ni de sa part ni de celle des clients. S’il m’arrivait quelque chose, il en répondrait de sa santé physique. Peut-être aurais-je dû prendre davantage au sérieux les recommandations de Gabriel. Peut-être même l’avais-je fait puisque j’ai tu toutes les tentatives désespérées de mon boss. Parce que, justement, je ne suis pas mauvaise. Je ne suis pas Machiavel non plus. Au contraire, ma conscience se laverait les mains de la baston qui se prépare et dont je suis l’unique responsable. Sauf que je m’en veux terriblement. Je m’en veux à un tel point que, les yeux écarquillés, je peine à descendre de mon siège de fortune. Mon corps est là, dans ces toilettes insalubres à la porte branlante, mais mon esprit est ailleurs, en quête d’une solution pour réparer mes torts.

Je dus m’asséner quelques claques mentales pour reprendre vie. Quelques insultes également. D’ailleurs, je me qualifiais encore de sombre conne quand je pénétrai dans le bar et très vite, mes joues s’empourprèrent. Moi qui déteste être au cœur de l’attention – je ne m’enorgueillis jamais que de celle de Gabe – je me sens livrée en pâture au lion. Les clients me dévisagent comme si j’étais une bizarrerie de la nature. Dès lors, je traverse la foule qui s’écarte sur mon passage la tête baissée sous le poids de ma honte. Cette honte qui beugle d’ailleurs. Elle me renvoie mes fautes à la gueule comme si mon désarroi n’était pas suffisant. Qu’importe, je me balaie les considérations de mon esprit sénile d’un revers imaginaire de la main et j’ignore les lazzi railleurs de mes collègues ‘bavassantes’. Elle m’énerve, ces vieilles pies. Si je pouvais, je leur clouerais le bec d’une bonne paire de claques. Toutefois, je n’en ai malheureuse pas le temps. Plus j’avance, plus la voix tonitruante de Gabriel se veut agressive et si j’eus quelques doutes sur ses intentions, je n’en avais plus désormais. Ainsi, je prie donc pour arriver avant que l’homme supposément trahit n’étourdissent l’innocent accusé à tort d’une droite violente. Raté, le premier coup est déjà parti. Les protestations d’Andrew me le certifie. Donc, je prie pour qu’en passant la porte métallique sortie de ses gonds, je n’ai à goûter l’amer de l’échec, celui de n’être parvenue assez vite pour réprimer la folie furieuse de Gabriel. Encore raté. Je suppose le second suit de près puisque la victime s’écroule sur le sol tandis que l’agresseur fond sur lui.

Avant cette lugubre soirée, je méconnaissais tout du bruit significatif d’un os qui se brise, l’odeur ferreuse du sang qui afflue, la puanteur de l’effroi d’un homme assailli par plus fort que lui. Je ne savais rien non plus de la frénésie d’un amant prétendument révoqué. Néanmoins, le plus décevant n’est pas cette funeste découverte. Non. Je n’ai pas l’esprit étroit, j’y survivrai. Le plus désolant, c’est que je n’ose pas intervenir. Je suis totalement hébétée, lénifiée par ma duplicité, car la réaction de Gabriel me blâme autant qu’elle me flatte. Elle me blâme pour mon erreur et me flatte parce que j’en déduis un attachement réel. Ouais. Il tient à moi, à ma présence et je commence enfin à croire qu’il était sérieux quand il m’avoua que je lui avais manqué. Ça n’était peut-être pas une manœuvre éhontée pour me leurrer finalement. Je finirais même par accepter comme un beau malheur de lui appartenir. Oh, je sais ce que vous pensez : « Quel genre de femmes faut-il être pour assister à un tel massacre sans intervenir ? Quel genre de femmes faut-il être pour oublier la souffrance d’un innocent parce qu’elle sert nos intérêts ? Parce qu’elle est apaisante ? Parce qu’elle est la réponse à mes nombreuses questions ? Quel genre de femmes ferait d’un homme un martyr parce qu’elle redoute l’ampleur de la réaction de l’être aimé à la vérité nue ? Une manipulatrice à la santé fragile et aux amours difficiles ? » Et je vous réponds sans scrupule qu’il suffit simplement d’aimer obsessionnellement un homme.

Penché sur son labeur, le chef d’orchestre s’applique et achève sa symphonie macabre sur un point d’orgue qui me laisse en suspens. Autour de moi, le temps s’arrête tandis que l’artiste, secouant ses poings amoindris par l’effort, ne remarque pas son public. Dois-je courir vers Andrew pour m’assurer qu’il est toujours conscient ? Dois-je, au contraire, me diriger Gabriel pour ne pas le surprendre et ainsi m’éviter le coup malheureux motivé par le réflexe de l’animal aux abois ? Dois-je simplement m’enfuir pour me réfugier dans la réserve et m’y enfermer à double tour ? Je me tâte. Face à ces situations qui me dépassent, je ne sais à quel saint me vouer. Attendre que la tempête passe me semblerait presque approprié, mais, aux brouhahas ambiants, je redoute d’entendre les sirènes de police. Je suis même surprise que personne ne m’ait suivi jusqu’ici. Sérieusement, trente hommes en pleine beuverie et pas un pour se préoccuper du patron de l’établissement. Les couards, ils sont abjects. Peut-être autant que cette apathie dont je me drape et qui m’oblige à cacher ma bouche de mes menottes malassurées en m’avançant à pas de loup vers le prédateur que je découvre ce soir. « Putain Gabe. Qu’est-ce que tu as fait ?» sont les seuls mots intelligibles que je suis parvenue à prononcer. Et pour cause, je suis catastrophée tandis que le blessé gît au sol à demi conscient. « Tu as fait une erreur. Tu n’as même pas idée. » formulais-je ensuite, penaude, quand il me semble plus calme « Je voulais pas t’attirer des ennuis. Je voulais que tu m’écoutes, c’est tout. Je m’attendais pas à ça. Si j’avais su, j’aurais fermé ma gueule. Laisse-moi voir tes mains… » Je me suis approchée à tâtons pour les saisir et, moi qui les aime tant, je constate à regret qu’elles sont écorchées, abîmées et maculées de sang. Le sien, un peu. Celui de l’autre, beaucoup plus. Il faut soigner et désinfecter au plus vite, mais j’ai peur qu’il me repousse si je l’exprime trop simplement. « Je suis vraiment désolée. »  ai-je donc conclu pour n’écoper que d’un « sale pute » crachoté piètrement entre deux gémissements. Andrew est en colère, je comprends – au moins, il est conscient -, je ne réponds pas, mais aussitôt j’appréhende la réplique de Gabriel. Alors, pour la conjurer, je fais fi de cette crainte qu’il m’inspire pour me jeter à son cou et lui intimer tout de même mon désir de partir.

Quelques pleutres – à peine deux ou trois – qui devaient probablement nous épier entre deux portes se ruèrent enfin pour secourir un patron sonné qui peine à se relever. Moi, je profitai de ce tumulte mesuré pour attirer Gabriel à ma suite et finalement rejoindre sa voiture. J’aurais voulu conduire. Je n’ai même pas osé le formuler. J’ai donc fixé la route, hypnotique, qui défile. Sans doute était-ce le moment idéal pour me « confesser », mais j’ai observé un profond silence. Un silence presque solennel jusqu’à ce qu’il s’arrête enfin devant chez moi. J’ignorais s’il avait l’intention de descendre…et, à la simple idée qu’il puisse s’en aller – ce qui pour moi, serait synonyme d’une rupture – je tremble comme une feuille. « Dis-moi quelque chose Gabe. N’importe quoi. Insulte-moi, crie, je sais pas, ce que tu voudras, mais t’n’enfermes pas dans ce silence parce que c’est en train de me buter. Alors, dis quelque chose s’il te plait. Comme ça, on règle ça, on en parle plus, tu rentres avec moi, je te soigne et puis… et puis, tu feras ce que tu voudras, mais je t’en conjure, dis quelque chose » le suppliais-je à demi avant qu’il ne coupe le moteur de son véhicule. J’en pouvais plus de cette apathie qui me clouait sur place. J’en pouvais plus de me demander ce qu’il adviendrait de moi, si j’avais toujours la même saveur, si je l’intéressais encore, si, finalement, il n’a pas marqué le point final de notre « histoire » en me signifiant que oui, il tenait à moi, mais que maintenant, je peux aller me faire foutre.

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    « Qu'est-ce qu'une femme amoureuse ? Un sexe ? Fi donc ! C'est un assemblage confus de rancœurs, de revanches à prendre, de faiblesse, de narcissisme et de rêveries utopiques dont il faut savoir profiter au moment dévolu. Et avec brio, s'il vous plaît ! ► hellsangels - Hughette Maure - tumblr
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Gabriel Kostas
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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyMer 16 Avr - 3:58

Le seul effet que j’aime pas après avoir fait quelqu’un rencontrer mes poings et le rush d’adrénaline intense, c’est qu’après que ce rush en question soit parti et que j’aie plus rien à frapper, j’reviens lentement sur terre et j’recommence à penser avec hantise à ce qui m’a mis dans cet état en partant. Ça me fait chier, parce que j’vois pas comment me démêler de ça et comment simplement le mettre de côté. Je fais mon état conscient travailler pour qu’il me trouve une raison de se calmer. Pour que j’aie pas de nouveau à élever le ton. C’est pas quelque chose que je fais souvent d’ailleurs, pour ne pas dire jamais. J’aime pas gueuler, j’trouve que c’est une perte de temps et que la personne qui se fait gueuler dessus va pas plus piger parce que j’élève le ton. Quand je le fais, c’est que mes limites ont été dépassées et que c’est plus fort que moi. J’ai crié sur Julia, parce qu’elle m’a tellement énervé que si j’avais eu le malheur d’être un batteur de femme – soit, un homme sans colonne vertébrale, elle aurait probablement été ma victime ce soir. Je lèverais jamais la main sur elle, ni sur n’importe quelle autre femme, d’ailleurs. Pas parce que Julia est exceptionnelle et que j’ai envie de violenter les autres, mais plutôt parce que c’est ancré dans mon système qu’on touche pas à une femme, pas un seul de ses cheveux doit être dérangé de manière inappropriée par un animal du même sexe que moi. Ouais, animal, parce que rendu là, y’a que cet adjectif qui me définit. Putain de merde, j’hallucine encore et j’repasse le visage défiguré d’Andrew après la rafale de coups administrés et j’souris intérieurement; pour la simple et bonne raison que peu importe la situation dans laquelle il a été impliqué, j’lui ai foutu une leçon qu’il pourra jamais oublier. La terre recommence à tourner de manière normale et j’peux enfin reprendre minutieusement mon équilibre. Le tourbillon d’impulsions malsaines est presque passé, je balaie lentement les débris de ce qu’il reste. Julia me parle, mais c’est tellement lointain que je me contente de la regarder, j’peux pas m’empêcher de grimacer mentalement parce que je comprends pas pourquoi elle aurait voulu déclencher une telle… Ah, à peine arrivé au bout de ma pensée qu’elle répond à ma question sans que j’aie besoin de la poser. Elle voulait que je l’écoute, mais elle croit que j’suis sourd, ou aveugle ? Y’a d’autres moyens de me faire écouter que de me dire qu’un autre l’a touché de manière indécente et qu’en plus, elle a aimé ça. C’est comme si elle se tenait en face de moi avec un marteau et qu’elle m’en foutait un coup sur la tête, et qu’ensuite j’étais censé rester immobile et avec absolument aucune réaction quelconque. J’ai envie de parler, j’ai envie de répondre, mais j’reste silencieux. Je sais que ça va finir par la rendre mal à l’aise, mais dans cette situation exacte, vaut mieux que j’me la ferme aussi… Elle est désolée qu’elle dit, m’ouais, j’en doute. Elle a voulu ça, elle a voulu que je m’énerve, elle a voulu que je perde la tête au point de lui montrer un côté de moi qu’elle avait jamais vu avant. De son expression, j’peux clairement voir qu’elle a eu peur et qu’elle m’avait jamais vu comme ça avant. Comme quoi même après six ans de connaissance, on peut encore en découvrir sur les gens. Elle prend mes poings dans ses petites mains frêles et tremblantes et les observe, comme si elle pouvait les soigner en les regardant. Bref, des cons qui étaient assis à l’intérieur se ramènent et ramassent la grosse merde couchée parterre. Cet enfoiré mérite pas cette attention, et tout à l’heure, quand il a traité Julia de sale pute et qu’il a cru qu’on a pas entendu, eh bah c’était raté. Si j’avais pas de retenue suite à c’que j’lui ai fait, j’lui aurais foutu des coups de pieds pour lui apprendre quelques notions de respect. Je l’aurais probablement achevé, mais qui en aurait vraiment eu quelque chose à foutre, honnêtement ?

Je porte plus attention à rien, les yeux rivés sur la route, je réfléchis. À quoi ? J’sais pas, un millier de trucs. Genre le fait que j’aie perdu mon tempérament alors que normalement j’suis froid et droit comme un pic. On m’atteint pas à moins que je laisse ça arriver et c’est tellement rare que les gens croient simplement que j’ai aucune faiblesse. À croire que maintenant j’ai l’air d’en avoir une et c’était pas mon intention de le démontrer de cette manière. Elle m’y a forcé, elle m’a forcé la main vers cette perte de contrôle assidu que j’avais sur moi-même. Je la déteste un peu pour ça, d’ailleurs, mais juste à l’instant, parce qu’il est impossible – malgré moi – de détester Julia. Elle et ses manières qui me tapent sur les nerfs, la plupart du temps parce que je sais qu’elle a raison et que j’suis trop égoïste et égocentrique pour l’admettre, l’autre part du temps, bah… J’sais pas, c’est une femme, les femmes ont cet effet sur les hommes; de les énerver pour une raison inconnue. J’lui ai montré un côté de moi qui a affiché de la faiblesse, mais ça durera pas. Je reste toujours silencieux, j’ai pas envie de parler de quoi que ce soit. J’peux pas, j’en ai assez sur mon plat pour ce soir. La rencontre avec Mac a bien fait de pas durer, il aurait probablement tout été raconter à Los Angeles s’il avait assisté au restant de la soirée déjà gravement vouée à l’échec. J’accélère sur les routes sombres de Chino, y’a personne sur la route parce que dans le quartier où on habite, c’est que de la bourgeoisie, les gens pensent qu’ils sont plus que les autres et donc vivent pas au même rythme. Je déteste ce genre de personnes, chance pour eux, ils représentent la majeure partie de ma clientèle ici. J’les hais, mais j’leur fournis leur dope, donc ils me respectent, même s’ils me trouvent bizarre, ils comprennent pas mon style de vie. Je fais presqu’autant d’argent en trafiquant qu’en étant banquier, ce qui d’après le livre des revenus pour les métiers qui rapportent le plus, est beaucoup. Haha, les tentatives que j’emploie pour me changer les idées fonctionnent jusqu’à temps que j’entende la voix de Julia percer mes oreilles. Elle me supplie presque de lui crier dessus ou d’avoir une réaction quelconque, ce qui est toujours pas arrivé. Non, je me contente de garder la tête droite et je coupe le moteur après quelques instants. J’ai envie de partir, rentrer chez moi, mais elle pourrait s’imaginer que ça voudrait dire que j’veux pas lui parler parce qu’elle m’a… comment on dit ça déjà ? Blessé, ouais. Ce qui est pas le cas, clairement. Mon égo par contre, lui il a pris un sale coup. Une des rares fois dans ma vie où ça arrive, d’ailleurs. Je la regarde toujours pas, j’ouvre ma porte et trace mon chemin jusqu’à la porte d’entrée. Elle me suit, je l’entends derrière moi. J’sors ma clef et ouvre la porte, puis y pénètre avec hésitation. Je reste immobile dans l’entrée, regardant autour. Rien a changé, six mois que j’ai pas mis les pieds ici quand j’y pense. Je sais que j’étais avec elle quand elle a décidé de faire la déco et même que par « élan de générosité » – ce mot me donne mal au cœur – j’ai accepté de l’aider, mais maintenant que j’y reviens… J’sais pas. J’peux pas m’empêcher de me demander si Andrew y a mis les pieds. S’il l’a prise sur le sofa qu’on a baptisé 30 minutes après son arrivée dans le salon. S’il a posé son cul plein de crasse sur une des chaises posées devant le bar du comptoir de la cuisine. Ridicule, ça fait que m’énerver encore plus.

J’arrête d’y penser aussitôt que j’entends la porte se fermer derrière nous. Julia monte à l’étage et je la suis, toujours sans un mot. Dans la toilette, y’a un kit de premiers soins. J’m’assois sur le rebord du bain tourbillon alors qu’elle sort de quoi me soigner. Après un moment, elle revient et s’applique à enlever les traces de sang sur mes mains. Je grimace quand elle y passe de l’alcool parce que y’a des plaies ouvertes sur mes jointures. Elles ont séché un peu, maintenant j’me rends compte que y’a peut-être eu du sang de ce fils de chienne qui s’est entremêlé avec le mien. Génial. Je soupire, attendant que Julia termine. Lorsque c’est le cas, elle s’apprête à disparaître de nouveau pour aller je sais pas où. Même si j’connais sa maison par cœur, j’ai pas envie d’aller la chercher si elle franchit le seuil de la porte. « J’vais prendre une douche. » Elle s’arrête, puis se retourne lentement et me regarde. J’enlève maintenant ma camisole et détache mon pantalon pour le laisser glisser parterre. J’suis vêtu de mon boxer, je fais un pas en sa direction, me demandant si c’est vraiment c’que j’dois faire. Pour être honnête, j’ai encore les nerfs en l’air, mais j’ai besoin d’assouvir la sensation qu’elle me cause quand elle est dans les parages. La baiser est la seule manière dont j’peux m’en débarrasser et passer à autre chose. J’retire mon boxer et l’envoie sur la pile de vêtements, puis je m’approche d’elle et la prends par le poignet pour la tirer vers moi. Elle se débat pas cette fois, je sens aucune réticence venant de sa part, alors je lui prends ce qu’elle a entre les mains et le pose sur le comptoir près de l’évier. Je lui fais lever les bras pour lui enlever son chandail, puis je détache son jean et me penche pour lui enlever. Je me déplace derrière elle et dégrafe son soutif, le faisant glisser sur ses bras, et je garde le meilleur pour la fin, sa petite culotte. Je la descends lentement sur ses jambes, passant lascivement mes mains sur ses courbes. Je me relève et l’enlace, son dos contre mon torse et mon érection qui frotte contre ses fesses. J’inhale son parfum, puis la lâche et me dirige vers la douche pour ouvrir l’eau. « T’as dit que j’ferais ce que je voulais. C’est ça que j’veux. » Si j’étais pas complètement ébahi par la vue de son corps nu, j’me croirais dans un de ces films pourris à l’eau de rose où le mec doit supplier la femme pour la prendre. Moi j’supplie pas, soit j’ordonne, soit je m’organise pour que ça tourne quand même à mon avantage. Je tire Julia vers moi et l’entraîne sous la douche, si après ça elle essaie encore de me trouver des excuses bidons et un mec imaginaire, bah…

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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyMer 16 Avr - 21:34

Jamais trajet ne m’a paru plus long tant ce silence est pesant. Le sien en particulier. Moi, si je me tais, c’est parce que je ne trouve rien à dire de très intelligent. Rien de très apaisant non plus. Pas de quoi réchauffer l’atmosphère glaciale confortablement installée dans l’habitacle de son véhicule. J’aimerais pourtant. J’aimerais bien trouver le mot juste, pour qu’il me décroche enfin un sourire. Le mot tremplin pour lui lancer tout de go un  « Tu sais, tu lui as mis la rame de sa vie pour que dalle, c’est pas mon mec. Je couche pas avec. » Alors, inquiète, je lui jette un regard furtif, un regard discret pour jauger la température. Or, à sa mine renfrognée et à sa rudesse à changer les vitesses, je renonce. Je me dis qu’il vaut mieux que je ferme ma gueule pour éviter d’en rajouter. Toutefois, je ne suis pas certaine de pouvoir vivre avec mon mensonge très longtemps. Je suis convaincue que, tôt ou tard, il me desservira et ça me fait vraiment flipper. J’ai peur des conséquences de mes petites manigances. J’ai peur qu’elles soient trop lourdes et me deviennent insupportables. Et si je n’avais plus pour lui que le goût insipide d’un bonbon à la neige ? Et s’il ne me regardait plus ? Si ne me touchait plus ? S’il disparaissait à nouveau ? Putain ! Plus j’y pense, plus j’en tremble. Dès lors je m’oblige à m’accrocher à ses déclarations précédentes pour ne pas céder à la panique. J’y cherche quelque réconfort, mais c’est vain. Il a dit : « Je ne te laisserai jamais partir », ce qui n’inclut pas qu’il restera là. Pfff… quelle conne. Je me suis sciemment privée de retrouvailles brûlantes pour un jeu de pouvoir. Je ne crache pas dans la soupe, c’était diablement grisant, mais c’est aussi terriblement ingrat. Soit, je finirai bien par trouver une solution, plus tard, quand la nervosité de Gabe n’anesthésiera plus tout mon bon sens. En attendant, je voudrais ne plus réfléchir, je ne voudrais plus rien entendre de mes inquiétudes, mais je les exprime dans une supplique déguisée.

Tout. Absolument tout me serait plus profitable que cette léthargie. S’il brise la glace, j’irais jusqu’à m’accommoder d’un interrogatoire suspicieux concernant ma voiture, j’éprouverais même une certaine satisfaction à avouer que je suis tombé en rade et qu’Andrew est venu me chercher au bord d’une route si ça réveillait sa colère. Au moins, elle me libèrerait de l’angoisse sournoise qui ne me quitte plus depuis l’incident. Qu’importe sa réaction. Vraiment. Je prendrais volontiers sur moi pour ne pas me défendre. Car, à tout peser, je préfère une gueulante à cette distance. Mais, il ne répond rien. Il ne me regarde même pas. Il coupe le moteur, quitte le véhicule sans m’accorder le moindre intérêt. Ça me rend complètement dingue et, frustrée, je frappe mes deux mains sur le tableau de bord. La rage au ventre, j’étouffe une envie folle de hurler une bonne fois, histoire de me défaire de ces émotions qui me collent à la peau. Je dois me reprendre, c’est un impératif. Pour garder contenance, je dois absolument me souvenir que c’est lui le responsable de toute cette merde, que c’est moi la plus à plaindre dans cette histoire. Au moins, ça a l’air de fonctionner. Quand, en d’autres temps, je l’aurais poursuivi pour l’appâter de mes charmes dans le couloir, je me surprends à lui marcher sur les pieds pour grimper à l’étage.

Une fois encore, je ressens la colère de la femme au pied du mur prise en flagrant délit d’adultère. Elle m’est entièrement destinée, mais c’est Gabriel, bien qu’il s’en fiche comme de sa première chemise, qui en fait les frais. Je pourrais lui prendre la main pour qu’il me suive. Néanmoins, je me persuade que ça ne changerait pas grand-chose, que de toute façon, je le soignerai consciencieusement ici – en l’occurrence dans ma salle de bain – ou ailleurs. Dans le hall d’entrée s’il s’entête à tirer la tronche. Je m’en fous, c’est pas mon problème. Tout du moins, ça ne l’est plus. Je peux pas passer ma vie à courir après lui pour quelques marques d’affection. C’est pas le seul beau mec sur cette fichue planète capable des mêmes prouesses sexuelles. C’est pas non plus le seul type au monde qui n’oubliera pas mon anniversaire, qui réinventera mon quotidien, jour après jour, qui se cachera dans mes bras quand ça va vraiment pas, qui me remettra à ma place quand je croirai pouvoir marcher sur l’eau, qui me sortira de la fange des trente-sixièmes dessous où je sombre souvent quand mes addictions sont plus fortes que ma volonté. Non. Gabe n’est pas unique. Il n’est pas parfait. Il n’est pas spécial. C’est juste un mec banal, un mec comme les autres qui a juste l’avantage d’être malin et de savoir comment s’y prendre pour me ramener à la réalité. Pas de quoi casser trois pattes à un canard et, j'aimerais vraiment y croire.

Je le pense très très fort. J’y songe une fois, deux fois, 10 fois, 100 fois, mais je sais bien que c’est inutile. Il me suffit de reconnaître son pas sur le parquet de la salle de bain pour que j’en sois déstabilisée. Intimidée peut-être, parce que mes excès d’autorité ne sont que des châteaux de sable. Ils s’envolent aux moindres coups de vent, aux moindres souffles froids jetés par Gabriel, et celui dont j’ai été témoin plus tôt est aussi violent qu’Héra. Comme il est loin d’être con, il le sait bien. Je parierai tout ce que j’ai que ça doit même l’amuser de voir mes mains tremblés quand je désinfecte ses plaies. Elles sont minimes d’ailleurs, je n’en aurai pas pour la soirée. En fait, j’ai à peine le temps de décider que, si au cours de l’entreprise, il m’adresse la parole, je m’occuperai aussi de soigner son égo surdimensionné. S’il ne le fait pas, j’irai me coucher, fissa. Il ne me reste plus qu’à espérer qu’il agira avant que je ne meure d’un coup de hache de guerre. Je pourrais la déterrer moi-même, mais je crois que je suis plus impressionnée par cette facette nouvelle de sa personnalité dont j’ignorais tout que je ne voulais bien l’admettre. Je n’avais jamais vu une telle agressivité dans ses yeux et, bien que j’en ai éprouvé une joie malsaine, je ne suis plus suffisamment à l’aise pour lancer les hostilités. Quant à lui, fidèle à lui-même, il n’a rien dit. Pas même un merci. J’ai envie de le secouer, de le bousculer un peu pour lui signifier ma présence. Je voudrais communiquer par la colère, parce qu’au contraire, je pourrais me mettre à pleurer et je refuse de m’infliger une telle déchéance. Alors, dépitée, je rassemble mes affaires, je tourne les talons en évitant soigneusement son regard. Si je le croise, je vais craquer parce que mes forces ne sont pas inépuisables et Gabe use mes nerfs à me calculer autant que la vitrine vide d’une boutique en faillite. Je me dis que c’est pas grave, que je m’y ferai, que j’ai qu’à bouffer du chocolat ou fumer un joint, que ça me guérira de mes frustrations jusqu’à ce qu’il se calme définitivement et qu’au moins, il est là, et c’est pas vraiment négligeable.

D’un pas hésitant, je me prépare donc à le laisser seul avec ses humeurs quand contre tout attente, il parle enfin. Je pense : « Doux Jésus » - vieux reste de mon éducation – « il était temps » et je considère cette inopinée intervention. Il veut prendre une douche. Ok. Ce n’est pas transcendant, c’est pas exactement ce à quoi je m’attendais non plus. Je m’attendais à quelque chose de plus franc, qui ne laissait planer aucun doute sur ses intentions et finalement, sur sa possession. Néanmoins, indirectement, je suis persuadée qu’il m’invite à rester. Je jette donc un regard méfiant par-dessus mon épaule, histoire de ne pas me précipiter dans une interprétation bancale de la situation, une interprétation qui m’arrangerait beaucoup mieux. Mais, il se déshabille. Il tombe chemise et pantalon et là, puisqu’il s’avance vers moi, puisqu’il m’intéresse également, je me retourne totalement. J’ai les bras toujours chargés et je ne songe même pas à ranger la trousse tellement il m’hypnotise. Je suis un peu déboussolée également. A ma décharge, j’avais eu le temps d’oublier combien il lui était facile de réveiller mon désir. Son corps d’Apollon totalement nu, son regard sombre licencieusement indéchiffrable et il remportait tous les suffrages, parce que ce soir, après ces six mois, j’avais besoin de tendresse, besoin d’être désirée. Pas parce que le sexe dans des toilettes, c’est excitant, mais parce que je lui avais vraiment manqué. Vraiment. Donc oui, je me veux docile si de ma blouse à mon jean’s, il m’effeuille en douceur. Je l’aide un peu d’ailleurs. Je lève les bras et les jambes pour envoyer valser mes fringues au hasard. Parce que j’ai attendu ce moment pieusement pendant six mois, que j’ai failli tout gâcher par fierté et qu’on ne m’y reprendra pas, car je ne connais rien de plus délectable que ses mains expertes libérant mes charmes de leur prison de dentelles. Sous ses doigts, je frémis, mon cœur s’emballe un peu, et quand il me prend dans ses bras, je laisse un soupir de soulagement s’échapper de mes lèvres. Je sais qu’il a envie de moi, je peux sentir son sexe tendu contre la rondeur de mes fesses et, s’il m’en avait laissé le temps, j’aurais fait fi de mon envie de délicatesse pour l’inviter à me prendre là, tout de suite, dans cette position, en appui contre le premier meuble solide à ma disposition. Mordue par la fièvre, je suis visiblement plus empressée que lui. Je le trouve même étonnamment raisonnable et je me demande si, en prétendant qu’Andrew ne me baisait pas, mais me faisait l’amour, il ne cherchait pas à asseoir sa possession en me rappelant qu’il en est capable lui aussi, qu’il n’en a juste pas envie. Je ne m’en offusque pas. Ça ne m’avait jamais vraiment posé de problème avant. Ça ne m’en poserait pas davantage aujourd’hui. Qu’importe le flacon pourvu que j’en aie l’ivresse. Soit, j’ai beau trépigné d’impatience, Gabe actionne quand même le robinet de la douche et cimente une évidence. Ce qu’il veut, c’est moi et j’ai envie de dire : i]« Sers-toi et surtout, grouille-toi. »[/i] Mais, en guise de réponse, je n’offre qu’un sourire avant de le rejoindre sous l’eau tiède.

Bientôt, je l’embrasserai passionnément. Je le laisserai toucher des doigts ce qu’il veut, mes cuisses, mon ventre, mes reins, mes seins, mes tétons, mon intimité. Tout ce qui lui fera plaisir, mais pas longtemps, car je lierai mes mains aux siennes. Il aurait trop vite fait d’écraser mon dos contre le carrelage froid de la douche italienne pour me pénétrer brusquement. Or, moi, je voudrai redécouvrir son corps, l’apprendre par cœur. Je voudrai qu’il se détende aussi, qu’il se décontracte parce que je le sentirai toujours nerveux Finalement, je me dirai que je ne connais pas mille sortilèges pour l’aider à y parvenir. Alors, mes menottes tenant fermement les siennes, je me laisserai tomber à genoux, à ses pieds. J’organiserai un tête à tête avec son bien le plus précieux et je le frôlerai de ma langue, une fois. Deux fois. Trois peut-être. Avant de gouter pleinement à  son envie. Je le sentirai se tendre plus encore dans ma bouche, se gorger encore davantage. Ainsi, j’attendrai qu’il gémisse une première fois, une seconde, mais à la troisième, je m’aiderai de ses mains pour me relever et, fière de moi, je collerai mon corps au sien pour lui chuchoter à l'oreille :« Six mois, c’est la moitié d’une année. Ça vaut bien la moitié d’une fellation. » Je la conclurai en suçotant le lobe de son oreille et, forcément, entêtée par mes propres pièges, il ne me restera plus qu’à souhaiter fort, très fort, qu’il ne me renvoie pas dans mes buts. Après tout, ça ne serait jamais qu'une vengeance délicieuse qui ne relèvera que du jeu...

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    « Qu'est-ce qu'une femme amoureuse ? Un sexe ? Fi donc ! C'est un assemblage confus de rancœurs, de revanches à prendre, de faiblesse, de narcissisme et de rêveries utopiques dont il faut savoir profiter au moment dévolu. Et avec brio, s'il vous plaît ! ► hellsangels - Hughette Maure - tumblr
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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyJeu 17 Avr - 5:12

La tension présente dans l’air sert d’accotoir à mes pensées impures, j’arrive pas tout à fait à en faire le tri. J’ai mille images qui me passent à travers la tête en même temps, ne sachant pas trop où les placer ou par où commencer pour pas me faire complètement envahir. J’ai pas envie de céder trop rapidement, j’ai pas encore pu profiter pleinement de ce moment que j’ai réussi à extirper d’elle, même si elle m’a monté tout cru le fait d’avoir eu quelqu’un d’autre pendant mon départ. Plus j’y pense, plus je me dis que si c’était vraiment le cas, elle aurait refusé de me laisser la toucher quand même. Quoique… quand est-ce que Julia m’a déjà refusé quelque chose ? J’me souviens pas, sûrement parce que c’est jamais arrivé sauf tout à l’heure. Ou oui, c’est arrivé à plusieurs reprises, mais c’était pas vraiment des refus, seulement elle qui essayait de s’exprimer et de me faire comprendre qu’elle est une personne à part entière et qu’elle a des émotions. Des émotions, ce mot bizarre qui définit absolument rien pour moi. J’ressens que quand je suis empalé entre les jambes d’une femme, mais l’endroit le plus familier et où j’suis toujours « en sécurité » c’est Julia. Elle est comme une ancre qui me garde connecté à tout, parce que si c’était pas d’elle, j’pense pas que j’aurais une once d’humanité. Sauf avec ma sœur, parce que je suis génétiquement programmer pour l’aimer et que j’effacerais la crapule qui oserait s’en prendre à elle, mais ça c’est autre chose. Je sais pas pourquoi, mais les élans de violence extrême dont j’suis parfois victime – contre mon gré – sont vraiment excessifs. C’est comme ça que j’ai réglé ce que j’ressentais par rapport à la mort de Pete, un meurtre. J’ai fait exécuter de sang-froid le salopard qui l’a poignardé et qui a fait que j’arrivais pas à dormir pendant des mois par la suite, trop de cauchemars de le revoir mourir dans mes bras. Bordel, j’dois pas penser à ça, pas quand Julia fait délicatement passer ses doigts sur mon torse et qu’elle se met désormais à genoux pour renouer avec mon partenaire du bas, ce vicieux. Il est déjà prêt à attaquer et bien campé, comme on dirait. Elle l’aborde doucement, lui envoyant de légers coups de langue, puis finit par le faire disparaître dans sa bouche, je lâche un râle de satisfaction, puis peu après je la sens s'arrêter, s’accrochant à mes mains pour se remonter et me susurrer quelque chose à l’oreille. Vilaine, elle veut jouer à ça ? Sérieusement ? J’sais maintenant avec certitude qu’elle me laissera jamais m’en tirer pour ces derniers six mois, mais ça veut pas dire que ça va gâcher mon état d’âme du moment, qui est en train de s’enflammer au fur et à mesure que les secondes passent. « J’vais te le faire payer… » Est tout ce que j’arrive à lui dire avant de passer une main dans sa longue chevelure maintenant mouillée et légèrement frisée. Je redécouvre mon territoire, après longtemps sans l’avoir conquis, j’me tâte à savoir comment j’vais l’appréhender de nouveau. J’suis euphorique de pouvoir la posséder, mais faut que je me contrôle, j’ai aucune intention de la laisser s’en tirer jusqu’à temps qu’elle me supplie d’arrêter, et que demain quand elle se lève elle se souvienne de qui est passé là. Qu’elle y pense toute la journée et puisse pas se le sortir de la tête. Elle est à moi, si elle pensait que j’rigolais tout à l’heure en lui disant ça, elle s’est gravement trompée. Je laisse mes mains glisser lentement du haut de son dos au galbe de ses fesses, puis empoigne fermement ses courbes arrière avec mes mains, me mettant dans une position où il sera relativement facile pour moi de simplement la soulever et de me perdre en elle. Mes lèvres dans son cou, je les fais balader de sa mâchoire à son omoplate, ne manquant un putain de recoin. J’ai pas l’intention de lui faire l’amour, je fais seulement explorer ce à quoi j’ai pas pu goûter pendant trop longtemps. Je m’imprègne de sa peau laiteuse et légèrement tremblante, puis mes mains parcourent ses épaules, son dos, ses fesses, le haut de ses jambes…

Je me penche lentement, prenant une de ses jambes pour la mettre par-dessus mon épaule, puis tiens une de ses mains, alors que l’autre moleste légèrement son sein, puis finalement se pose sur le bas de son dos, afin de lui donner un certain équilibre. Vu qu’elle tentait de jouer tout à l’heure, j’ai envie de lui remettre la pareille, mais au lieu de le faire à moitié, pourquoi ne pas doubler le dosage ? Je vais la rendre dingue de sensations et je lui ferais crier mon nom, rien que pour avoir la satisfaction de l’entendre tenter de formuler n’importe quoi parce qu’elle a perdu ses mots et que tout ce qui lui reste à faire est de gémir.

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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyVen 18 Avr - 1:49

Je ne peux pas m’empêcher d’afficher ce petit sourire narquois quand, fière de moi, je lui déclare qu’il n’obtiendra rien de plus que l’ébauche d’une pipe fabuleuse. Je pourrais pourtant, je me serais vachement appliquée pour le détendre, je l’aurais amené jusqu’à la jouissance si nécessaire. Ce soir, je pourrais faire fi de ma rancœur pour en offrir davantage, mais je trouvais ça trop facile. Si je lui pardonne trop aisément, il se persuadera que je l’aime assez pour s’accorder de nouveaux privilèges qui finiront fatalement par me briser le cœur. Sauf que moi, j’en peux plus de tout lui passer sans broncher. Je suis fatiguée d’être dépendante de lui au point d’être incapable de lui dire non. Je suis épuisée de me contenter du statut de plan cul régulier quand je dois l’attendre patiemment et fidèlement surtout. Je suis lassée de l’imaginer baiser toutes les poufiasses qu’ils ramassent quand il s’autorise le droit de contrôler mon existence. Je suis soulée de me tenir disponible à toute heure du jour ou de la nuit. Mais, je ne peux pas le quitter. Je ne peux même pas envisager de m’en sevrer par épisode, parce que durant ses six mois, j’ai eu un avant-goût de ce que pourrait être ma vie sans lui, et j’ai détesté ça. Je vivotais entre rires et larmes par pure automatisme. J’étais dépourvue de tout goût pour les choses que j’aime. Je n’étais plus qu’une fille éteinte, sans éclat, tout juste bonne à fumer des joints jusqu’à l’abrutissement. En réalité, au-delà de cet abandon, ce sont les circonstances qui me poussent à me venger et à vouloir me guérir de lui.

La veille, j’avais profité d’un congé pour me consacrer uniquement à lui et, le lendemain, il avait disparu. Evidemment, j’ai tenté de le joindre : messagerie. Je me suis même déplacée jusqu’à chez lui pour m’assurer qu’il n’était pas mort d’un coma éthylique : personne. Quant à la suite, elle est aussi évidente qu’affligeante. Donc, non ! Non, je ne repasserai pas au crayon noir les contours d’un plaisir égoïste à peine consommé. Non, je ne lui dirai plus que je l’aime, parce qu’il s’en fout totalement, que ce n’est pas ce qu’il attend et que je me sens encore plus conne. Non, je ne lui avouerai pas qu’Andrew n’est qu’un paumé, que j’aurais préféré crever que de coucher avec cette ordure plutôt que de le laisser prendre le pas sur moi. Non, je ne lui rendrai plus de compte pour apprendre à m’en émanciper avant qu’il ne me rende complètement folle. J’y tiens à mes résolutions. Pas autant qu’à lui. Non. Mais j’y tiens assez pour au moins essayer. Je ne me démonterai donc pas non pour cette bravade. Me le faire payer ? Pour me frustrer autant qu’il puisse l’être, il devrait renoncer à cette étreinte brûlante qu’il réclamait déjà bien avant notre altercation. Et, bien qu’il persiste tout de même en moi le doute, j’ose supposer qu’il n’y parviendra pas. Qu’il y songera peut-être, qu’en sais-je, mais que la tentation ou le manque seront plus forts qu’une basse vengeance. Au contraire, j’aviserai… en attendant, je prends le risque. En mon for intérieur, je me félicite d’être, malgré le temps et les conquêtes, restées désirables à ses yeux. Je m’enorgueillis même un peu de reconnaître l’augure du geste qui suit. Ses mains, quand elles s’enfoncent dans mes cheveux, ne sont en général que la sage manifestation de son désir. Ses baisers, dans mon cou ou ailleurs, ne lui servent qu’à se galvaniser de l’effet bœuf qu’il a sur moi. Aussi, ne suis-je plus vraiment surprise qu’il impose à mon corps une position alambiquée qui servira son intérêt. Ce que j’ignorais, par contre, c’est qu’il s’intéresserait surtout au mien.


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Gabriel Kostas
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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptyVen 18 Avr - 18:14

J’suis en extase… Je sais pas comment m’exprimer d’autre que comme ça, parce que c’est ce genre de sentiment indescriptible entre la jouissance et le statut quo. J’veux pas jouir tout de suite, mais j’en ai envie en même temps, donc mon corps se contredit et du coup ça me force à ralentir et à me demander de quelle manière j’vais m’y prendre pour durer le plus longtemps possible. J’veux pas que ça cesse, ce désir tellement intense que ça me monte à la tête et que ça me consume jusqu’à ce que je m’entende plus penser. Cette obsession malsaine de vouloir l’entendre souffler de rage, de plaisir, de l’entendre crier mon nom, réaffirmant encore et encore que je suis maître de son plaisir, de sa torture sadique mais revitalisante à la fois. Julia me met au défi, de quoi ? Je sais pas, mais j’compte parvenir à trouver. Je l’épingle complètement contre le mur frais de la douche, pendant qu’elle faufile sa main jusqu’au point sensible de son sexe et se caresse doucement en me regardant droit dans les yeux. Elle me tente, elle essaie vraiment de me rendre dingue et sait comment s’y prendre en plus, je lui ai trop bien appris. J’compte l’affronter avec mes propres armes. Ça devient intéressant, on dirait presque qu’on se lance des obstacles sans s’en rendre compte et qu’on passe le pas à chaque fois que l’un de nous fait un mouvement. Elle se caresse sensuellement, j’vais pas nier que ça m’affecte aussi, donc mon ralentissement était presque calculé, je fais serpenter mon bassin, m’entêtant à atteindre son point G. Ses doigts frôlent mon sexe durci, son regard toujours profondément ancré dans le mien, je fronce légèrement les sourcils, sentant l’accumulation de plaisir s’éparpiller dans mon bas-ventre, ma respiration est saccadée, mais j’tente de garder le contrôle dessus – une des choses sur lesquelles j’ai toujours contrôle – et je me mets à proximité de l’oreille de Julia, puis lui mords le lobe, joue un peu avec, en la tenant toujours fermement contre moi. J’ondoie encore mon bassin, lentement, trop lentement, elle continue son petit jeu sur sa personne, j’perdrais pas, toutes ces années de baise m’ont donné une résistance particulière… « Ahhhh ! » Merde ! Son manège a fonctionné quand même, fuck ! Elle a eu un orgasme tellement intense que je l’ai senti jusque dans mes reins, mon sexe est sévèrement resserré dans son intimité et je laisse un grognement m’échapper, alors qu’elle sourit parce qu’elle sait qu’elle aura réussi à me faire déferler sans retenue. Je ferme les yeux, laisse un long soupir filer entre mes lèvres, ainsi qu’un juron et jouis violemment en elle. De longs jets brûlants me transpercent le bas de la ceinture… Je serre la mâchoire pour faire taire ma jouissance, puis l’entends gémir faiblement sous le bruit de l’eau tiède tapant contre nos corps toujours unis. J’embrasse son menton, puis sa joue, son nez et laisse perdurer le baiser rendu à ses lèvres. Cette fois, c’est plus las comme baiser, c’est celui qui conclut notre idylle sexuelle. J’utilise une main pour nous retenir contre le mur, ses jambes toujours soigneusement enroulées autour de ma taille. Tout ça, malgré le fait qu’elle m’ait dit non, quand j’lui ai ordonné de me dire qu’elle m’appartenait. J’voulais l’entendre plus que tout, j’veux l’entendre plus que tout, mais elle fait sa rebelle. Elle va me tenir en otage jusqu’à temps que j’aie compris ma leçon. J’vais la jouer intelligent, me plier à ses volontés, puis la reconquérir. J’laisserais personne se mettre entre nous, pas Andrew, ni n’importe quelle autre ordure qui essaierait de semer la zizanie. J’ai aucune envie de nous séparer, mais je dois le faire contre mon gré parce qu’une vague de fatigue commence à m’assommer physiquement. Le décalage horaire, c’te pute, joue encore avec mon système et j’me rends compte que dormir toute la journée d’hier y a rien réglé.

Je serre Julia contre moi, m’imprégnant une dernière fois de sa chaleur corporelle avant d’effectuer un quelconque mouvement pour me retirer. Mes mains divaguent sur son corps frêle, puis elle détache méticuleusement ses jambes d’autour de ma taille. Je me retourne et prends le tissu avec lequel j’ai l’habitude de la laver quand on prend notre douche ensemble, ce qui arrivait très fréquemment, puis je mets du savon dessus, reviens vers elle et commence à passer le tissu sur chaque parcelle de peau. Je commence par ses épaules, glissant sur sa poitrine, puis son ventre et ensuite ses jambes, l’une après l’autre. Ça me fait rappeler la première fois qu’on a pris notre douche, elle était écarlate de gêne, j’ai trouvé ça plutôt marrant parce que c’était aussi la première fois que j’prenais ma douche avec quelqu’un d’autre. Par contre, j’connais pas ce truc que les gens appellent gêne. Si je veux quelque chose, je le prends, sans me soucier du reste. Oui, ça fait de moi un connard égoïste, mais ça a jamais tué personne – enfin si, mais c’est qu’un détail. Je me concentre de nouveau sur la jolie blonde au minois mode « fraîchement baisée » qui me regarde avec des yeux plein de questions. Questions auxquelles j’vais devoir répondre un jour, mais pas maintenant. J’me sens pas d’attaque pour des accusations supplémentaires, j’veux juste finir de prendre ma douche et manger. J’ai faim, foutrement faim, prendre Julia m’a ouvert l’appétit – comme d’habitude. Je remonte lentement sa première jambe, et l’autre, ses fesses, son dos, puis son visage pour lequel j’utilise mes mains. Je m’atèle ensuite à ses cheveux. Je prends son shampooing et en mets la quantité habituelle, mais vu que ses cheveux sont plus longs depuis la dernière fois, j’en ajoute un peu. Putain, à me voir aller, on penserait que j’suis le copain docile qui s’occupe de sa copine comme si c’était naturel. M’occuper de Julia est un mécanisme automatique pour moi, je le fais depuis longtemps, c’est une des rares activités qui me plait, ça me détend pour être franc. Ça me permet de mettre les soucis du business que j’mène de côté quelques fois. Elle arrive toujours à faire descendre la pression que j’me suis moi-même infligé en décidant d’exercer mes deux métiers. J’me souviens d’une fois où Veronica m’a dit que si j’améliorais pas mes rapports avec Julia, j’finirais par la perdre. J’vois pas comment elle peut dire ça, j’suis parti 6 mois et Julia est là, avec moi, dans sa douche, me permettant de prendre soin d’elle comme avant. Malgré ses confessions d’il y a quelques heures, j’me laisserais pas affecter par ça. Je passe mes mains dans ses cheveux, elle a ses mains posées sur mon torse, je m’avance un peu pour en arriver jusqu’à la pointe, puis ses mains passent de mon torse à mon dos. Elle m’attire vers elle, contre le mur de la douche, j’crois pas que ce soit pour un round 2, mais seulement parce qu’elle veut profiter de ce moment, tout comme moi, j’dois l’avouer. Elle me tire vers elle, je la suis sans rechigner et l’embrasse brusquement, contre toute attente. Le baiser devient langoureux au fil des secondes, cette fois j’reste chaste, trop fatigué pour quoi que ce soit d’autre. Après quelques instants, je romps le contact et la tire sous le jet d’eau. C’est à son tour de me laver, elle commence par mon torse et vu qu’elle est significativement plus petite, je me penche pour qu’elle atteigne le haut de mes épaules. Elle fait mes jambes, puis mon bijou familial et termine avec mon dos.

« J’ai faim. » Dis-je, une fois sorti de la douche et complètement à sec. J’enfile un des nombreux chandails qu’elle m’a acheté et qu’elle a mis dans un tiroir pour quand je squatte ici, puis un boxer et j’me dirige vers la cuisine. Je sais pas quoi faire, quand on a trop de choix normalement, c’est difficile et vu que Julia a toujours les armoires remplies – je m’en assure – j’ai beaucoup trop de choix. « Tu veux manger quoi ? » Elle se contente d’hausser les épaules. Bah, on est pas plus avancés maintenant. J’ouvre le frigo, puis le congélo et analyse mes options. Raviolis, légumes, sauce, parmesan, épices. Je m’affaire à concocter le tout, Julia est dans la cuisine, puis dans le salon, puis je sais pas où en fait. Je m’en occupe pas trop pour le moment. Après une dizaine de minutes, le tout est entrain de mijoter. J’m’assois sur une des chaises du bar et sors mon portable pour envoyer un texto à Manners.
Citation :
Arrange un meeting avec Elias demain. Ce soir j’suis indisponible, j’suis chez Julia. Donne-moi des nouvelles.

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i see you gon own that shit
I'm friends with the monster that's under my bed. Get along with the voices inside of my head. You're trying to save me, stop holding your breath, and you think I'm crazy. Yeah, you think I'm crazy, but that's nothing. Now I ain't much of a poet, but I know somebody once told me to seize the moment and don't squander it, cause you never know when it could all be over.

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MessageSujet: Re: you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+}   you don't love me, you just sayin that shit to get to me girl {julia - pg16+} EmptySam 19 Avr - 1:46

J’aurais juré qu’il m’empêcherait savamment de prendre part à mon plaisir et ainsi s’assurer l’effective satisfaction de m’entendre lui scander que je lui suis entièrement soumise. Or, il me contredit, il me prend à mon propre piège et je suis l’arroseur arrosé désormais. Si j’abandonne en accrochant cette menotte dans sa nuque, je lui cèderai sa plus belle victoire. Les mots deviendront vains, il n’aura plus besoin d’entendre ce qu’il ordonne et il gagnera. Je me serai battue, toute la soirée, pour rien. Tous mes efforts pour apprendre à m’en défaire deviendront inutiles et, demain matin, quand il vaquera à ses occupations, je redouterai qu’il parte encore. Ça me laisse au fond de la gorge le goût désagréable de la défaite et pour m’éviter d’être trop dure avec moi-même, je prends pour acquis qu’il ralentit la cadence en signe de rédemption. Je prends pour acquis que, moi aussi, j’ai un quelconque contrôle sur son désir. Et ça me grise. Ça me permet de profiter de ses dons sans me prendre la tête, parce qu’elle me tourne à nouveau, parce qu’il se suggère en moi l’habileté d’un artiste parachevant son œuvre et que je peine à ne pas détourner mon regard du sien. Je lé bénirais presque d’approcher sa bouche si près de mon oreille qu’il mordille. Et, tandis qu’il s’applique à me remplir avec une langueur assommante, je perds littérairement l’équilibre. Ainsi, mon corps se contracte, mes reins se cambrent, mes jambes se desserrent légèrement, mon cœur bat à mes tempes et j’explose dans une jouissance infinie. Lui, il me suit de près, très près, et cette connivence, tout comme mon contentement se manifestent dans un sourire ravi. Il me faudra un long moment pour reprendre mes esprits et, parmi tous ces instants enivrants, c’est probablement celui que je préfèrerai. Il embrasse mon menton, mes joues, mon nez et moi, paupières closes, je profite de ce baiser simplifié par l’effort. J’use les maigres forces qu’il me reste pour le serrer contre moi afin de réprimer au mieux cette nécessité presque maladive de lui chuchoter que je l’aime. À défaut, je pousse un long soupir et, mon front contre le sien, je  confesse – parce que c’est moins grave et beaucoup plus évident : « Tu m’as manqué Gabriel. » Terriblement même, mais ça, je le garde pour moi.

Quand nos corps divorcent l’un de l’autre, j’ai un peu froid. L’eau est chaude pourtant, mais rien ne me vaut davantage que la chaleur de ses bras. Toutefois, fidèle à ses habitudes, Gabe s’emploie à me laver avec application, utilisant systématiquement le même gel douche. J’en ai toute une kyrielle, mais il ne déroge jamais à ce parfum qui, j’imagine, doit lui plaire un peu plus que les autres. Après son départ, je me répugnais à l’utiliser. Cette odeur si familière me plongeait alors dans une profonde tristesse. Ce soir, par contre, elle me renvoie vers des souvenirs plus tendres. Avant, j’adorais cette attention particulière. C’est en elle que je puise la douceur physique comme psychologique qui manque cruellement à cette relation scalène. Aujourd’hui, je ne sais plus trop quoi en penser. Lui permettre ce menu plaisir n’est plus, à mes yeux, qu’une façon détournée d’entériner sa propriété. Toutefois, séduite par cette madeleine de Proust, je finis par apprécier cet instant qui, au final, soigne ce chagrin immense et profond qui s’empare de moi. Je ne sais pas trop d’où il me vient. Je sais simplement qu’il m’entraîne sournoisement vers le fond. Évidemment, je ne lui dirai pas. Je m’assurerai qu’il ne le remarque pas non plus. Rien de plus facile. Dissimuler mes réels sentiments est d’une facilité déconcertante, tout simplement parce qu’il n’y est vraiment attentif que si je le pousse à bout, que si je l’oblige à ouvrir les yeux en parlant les seuls langages qu’ils connaissent. Je me soigne donc comme je peux en l’attirant tout contre moi, je le sers fort, très fort, avec toute la force de mon désespoir. J’ai mal au cœur et ça m’inquiète terriblement, car quand bien même serait-il en mesure de m’écouter, je ne saurais exprimer les causes de cette tristesse avec cohérence. Ce désarroi qui s’amplifie dans ma poitrine quand il me surprend à m’embrasser. Je l’embarque avec moi dans ce tourment qui m’anime et cette accolade s’empourpre d’une passion sage. On ne remettra pas le couvert. La soirée a été fatigante pour tous les deux. Manger. Dormir. Je crois que c’est tout ce dont nous serons encore capables pour ce soir.

Vêtue simplement d’une petite culotte et d’un débardeur assorti, je l’ai suivi jusqu’à la cuisine. Il avait la tête dans le frigo en quête du repas idéal pour se rasséréner un peu. Il hésite, il me demande mon avis, mais j’ai perdu le goût de la nourriture depuis un moment déjà. La seule qui me convient, c’est le chocolat. Ça me fait du bien et je peux passer des journées entières à me nourrir exclusivement d’un 90% de Cacao à la Framboise. Alors, je hausse les épaules, parce que je m’en fous un peu. Puis, mon téléphone mis en charge, je m’assois en face du plan de travail qu’il occupe et je contemple le moindre de ses gestes avec admiration. J’adore le voir cuisiner. Ça le rend encore plus sexy - si tant est que ça soit vraiment possible. « Je suis tombée en panne avec ma voiture tout à l’heure. J’ai dû l’abandonner dans la rue de parallèle à celle de mon oncle. Je ne sais pas ce qu’elle a. Elle s’est arrêtée subitement et elle n’a jamais redémarré. » Je lui lance cette banalité parce que, demain, j’ai un rendez-vous à ne pas manquer et que j’aurai besoin de ma voiture et, s’il ne peut pas trouver de solution dans l’immédiat, je ne doute pas une seule seconde qu’il ne tardera pas à résoudre le problème. En attendant, je m’éclipse dans le salon. Je roule un joint que je n’allume pas, parce que je veux l’attendre. Je dresse la table dans la salle à manger et je grimpe quatre à quatre à l’étage pour ranger la salle de bain que nous avons abandonnée un peu lâchement. J’allais un peu mieux, mais en ramassant nos vêtements pour les mettre au sale, l’angoisse me reprend. J’ai une boule dans la gorge en repensant à tout ce qui vient de se passer, parce que je me sens coupable d’avoir été aussi faible. Putain, je suis vraiment trop conne. J’ai joué les femmes fortes, quand je me suis donnée à cet homme avec autant d’obédience, je ne le punis pas pour le mal qu’il m’a fait. Je ne me venge pas non plus. Tout ça, mes mensonges et mes plans fumeux, c’est de la poudre aux yeux, c’est juste de quoi me convaincre que je vaux encore quelque chose, mais j’en deviens tout bonnement pathétique. Et ça me fait mal au point que je sanglote à présent. Je pleure aussi silencieusement que possible, à l’image de ces enfants qui réclament leur mère quand on les houspille à l’école.

Je ne saurais dire combien de temps je suis restée enfermée dans la salle d’eau à pleurnicher dans un essuie en espérant étouffer mes pleurs. Mais, ce n’est qu’en entendant sa voix qui m’appelait au bas de l’escalier que je me suis ressaisie. Je n’ai jamais pleuré devant lui à cause de lui. La seule fois où il eut à essuyer mes larmes, c’est quand je me suis violemment disputée avec mes parents et que je suis venue gratter à sa porte comme un chaton égare. Il n’est pas donc pas envisageable que ça change aujourd’hui. Je me racle donc la gorge. Je lui crie que j’arrive d’une voix forte, histoire de donner le change. Pis, je me rince le visage à l’eau claire et j’utilise même quelques artifices griffés pour cacher la rougeur de mes joues. Quant à mes yeux, je lui ferai croire, si nécessaire, que je suis épuisée ou que j’ai fumé trop d’herbe. Je jauge mon reflet dans le miroir et, puisque j’ai l’air d’avoir bonne mine, je le rejoins tout sourire. Peut-être même trop joviale pour être tout à fait honnête. Et, si j’ai picoré quelques pâtes dans mon assiette, c’est surtout pour faire honneur à son plat. C’est bon, comme toujours, mais je n’avais pas vraiment faim. J’ai préféré m’enfiler plusieurs verres de vin rouge comme s’il s’agissait d’eau minérale plutôt que de ne me nourrir sainement. Au cours du repas, on a échangé quelques banalités sur son voyage, Véronica et Chino. Je n’ai pas évoqué la douloureuse expérience de la tempête. Je n’ai pas posé de questions non plus. J’ai simplement patienté à table qu’il finisse de manger pour allumer le joint préparé plus tôt, le lui confier et débarrasser finalement la table. De toute façon, je n’avais rien d’autre à ajouter. Cette nuit, il a remporté la guerre haut la main, comme d’habitude, et je me sens mal dans ma peau, comme souvent. J’en ai gros sur le cœur, mais je ferme ma gueule parce qu’il est épuisé, que ça se voit et que dans moins de trois minutes, on ira se coucher. Je le prendrai par la main pour le tirer jusqu’à ma chambre et, avant de me glisser sous les draps, j’ôterai mon débardeur et son chandail, pas pour relancer la machine, non, mais pour me lover dans ses bras et nouer mes jambes aux siennes, peau à peau, jusqu’à ce que le sommeil nous gagne.


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