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 L'étincelle dans son regard est intacte, mais elle a comme un faux contact dans le sourire |R.|

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Julia Cole
EVERYTHING IS OKAY, NOTED.
Julia Cole

◆ messages : 32
◆ inscription : 09/04/2014

IN MY SICKHEAD
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L'étincelle dans son regard est intacte, mais elle a comme un faux contact dans le sourire |R.| Empty
MessageSujet: L'étincelle dans son regard est intacte, mais elle a comme un faux contact dans le sourire |R.|   L'étincelle dans son regard est intacte, mais elle a comme un faux contact dans le sourire |R.| EmptyDim 20 Avr - 1:44

Après cette nuit tumultueuse – je ne pourrais la décrire autrement – mon abattement ne m’a plus vraiment quitté. Il me collait au corps comme une seconde peau et ça me rendait particulièrement excessive. Je sombrais à une vitesse vertigineuse, fumant plus qu’à l’accoutumée, m’enivrant d’alcool fort pour trouver le sommeil. Je ressentais une telle lassitude que je me sentais cent d’âge. J’étais ternie, éteinte, à l’image de ces drogués sevrés qui culpabilisent d’avoir replongé. Ils se promettent qu’on ne les y reprendra plus et, pour s’y aider, choisissent de rompre avec leurs habitudes et de s’éloigner au maximum de l’objet maudit de leur tentation. La mienne, c’est Gabriel. Et, puisque je suis convaincue qu’il est la cause directe de mon affliction – ce statut de femme-objet me convient de moins en moins -  j’ai décidé, le matin même de nos retrouvailles,  de tout mettre en œuvre pour me libérer, non pas de lui, mais de cette emprise malsaine qu’il a sur moi. Aussi, ai-je inventé mille stratégies pour l’éloigner de cette maison. Mille stratagèmes que j’ai respectés selon un plan précis et déclinable en différents chapitres : mon job, Andrew, Madame Garcia et Juliet.

Gabriel n’a jamais compris mon obstination à vouloir travailler. Il trouvait ça complètement inutile, puisqu’il m’offrait tout ce dont j’avais besoin. Moi, si je tenais tant à bosser, c’était surtout pour conserver l’illusion que je détenais toujours une quelconque autorité sur ma vie. Alors, bien que je déteste mon patron, bien que je ne supporte plus servir des ivrognes assoiffés des soirées entières, je me suis quand même rendue au bar pour présenter mes excuses à Andrew. Certes, j’ai dû prendre sur moi.  Mais, le lendemain suivant cette altercation, tandis que Gabriel dormait encore, je me sus préparée à la hâte et j’ai pris le premier bus en direction de l’Hera. J’aurais pu prendre la voiture de Gabriel – je ne suis pas certaine qu’il m’en aurait voulu – mais ça m’aurait obligé à le remercier, et je n’en avais pas envie. Soit, devant la gueule cassée de mon patron, j’ai montré patte blanche. Je m’étais même préparée à un combat plus difficile quand armée de mes arguments, il m’invita à reprendre mon poste dans le courant de la semaine prochaine, histoire que les gens oublient l’altercation de la veille. J’en restai complètement coï, mais en observant son nez bandé et les cocards qui maculaient son visage, j’en arrivai à la conclusion qu’il craignait, qu’en cas de refus, Gabe se charge de lui casser les deux bras et les deux jambes. J’avoue, ça m’amusa un peu. Je ne trouvais finalement que des avantages à ma décision. Premièrement, je passerais toutes mes soirées avec l’homme que mon amant prendrait – s’il se sent en danger -  pour son concurrent principal. La seconde, c’est que j’étais désormais certaine que mon boss ne poserait plus jamais ses yeux puant le sexe sur mes formes. J’ai donc quitté le bar, plus confiante. Cet objectif, pour moi, était le plus difficile à atteindre. Les autres ne seraient plus que des formalités.

J’avais pour projet d’inviter l’une de mes anciennes collègues à passer quelques jours près de moi. Son mec venait de la larguer et, tandis que, les jours précédents, je ne m’intéressai pas vraiment à sa peine, elle a accepté sans se faire prier. Ô, certainement pas pour ma présence, non, mais plutôt cette maison, celle gracieusement offerte par Gabe. Elle faisait rêver toutes mes collègues. Elles ne comprenaient pas d’ailleurs et je ne les en blâmais pas vraiment. Le plus souvent, je ne donnais aucun de détail sur ma situation et, les rumeurs allant bon train, j’ai endossé différents rôles dans leur imagination prolifique. J’étais tantôt call-girl, tantôt fille de politicien. Certaines envisageaient que j’aie pu gagner au loto. Et moi, je ne les contredisais jamais. C’est cependant ces ragots qui m’a fait prendre conscience qu’en fait, Gabriel m’achetait pour s’assurer ses parties de sexe. Je crois que c’est à ce moment-là que je me suis montrée plus difficile et moins disponible durant un temps. Enfin… quoi qu’il en soit, Juliet, blonde appréciable de mon âge, sans emploi, divorcée vivant de la pension alimentaire versée par son ex, sans enfant et joueuse de poker compulsive pour arrondir ou tarir ses fins de mois, c’est selon, est venue me chercher en ville une demi-heure à peine après mon coup de fil. Le temps de fumer une cigarette et de m’arrêter dans une boutique de téléphone pour puiser dans mes économies personnelles et m’acheter un portable et une carte prépayée. L’autre, je le confiai à Manners quinze minutes plus tard. Je l’ai croisé par hasard, paraît-il… Il me prend pour une conne, et je n’eus donc aucun scrupule à lui demander de rendre à Gabriel le smartphone dernier cri que j’utilisais habituellement : « Tu lui diras que je n’en ai plus besoin, que j’ai un nouveau numéro de téléphone et que je lui donnerai tout à l’heure. » ai-je même précis sous le regard surpris de mon interlocuteur, l’air ébahi, comprenant à peine ce qui lui arrive puisqu’il sait son patron chez moi. Toutefois, l’influence de Gabe sur Chino avait parfois tendance à déteindre sur moi. L’homme de main en est le parfait exemple, il était toujours plein d’égard pour moi, malgré ses mensonges, et il finit par opiner du chef.  

Lorsque nous sommes rentrées, Juliet et moi, mon amant était déjà parti. Il est reparu dans le courant de l’après-midi, s’est éclipsé à nouveau, est revenu en fin de soirée, mais n’est évidemment pas resté. Le scénario s’est répété le jour suivant. Le jour d’après également. Et sans doute se répétera-t-il aujourd’hui même. En attendant, je persistais dans mon entreprise de sevrage avec l’aide inconsciente de Juliet que je ne quittais pas d’une semelle dès lors que mon bourreau était dans les parages. Ce vendredi matin là, Madame Garcia – la femme d’ouvrage envoyée par Gabe qui se chargeait systématiquement de tout– s’est présentée les bras chargés de victuailles pour remplir mes armoires et entretenir la maison. Or, si je l’ai accueillie avec le sourire, je l’ai renvoyée. J’étais décidée à m’occuper de la maison moi-même… À faire mes courses seules également. « Oh et, quand vous l’aurez au téléphone pour lui raconter ce qui vient de se passer, dites-lui de ma part que j’ai deux mains, et que je sais m’en servir aussi pour nettoyer. Et insister bien sur le « Aussi »…. » ai-je même déclaré sous l’œil hébété de Juliet qui commençait à comprendre. Elle me questionna toute l’après-midi, mais j’ai répondu à mi-mot. Je me sentais trop bête pour avouer toute la vérité, d’autant qu’elle dure depuis longtemps maintenant. Trop longtemps.

J’assemblais petit à petit les pièces de mon puzzle dès qu’une opportunité se présentait. Mon but, c‘était qu’il perde patience, qu’il s’inquiète de mon virage à 360°alors que notre dernière nuit laissait présager que j’avais pardonné. J’avais d’ailleurs dans ma manche d’autres tours s’il tardait à réagir. D’ailleurs, pour être tout à honnête, j’étais surprise qu’il n’ait pas encore jeté Juliet à la porte puisque je l’utilisais comme un frein à ses envies à lui. Moi, je luttais contre les miennes en me saoulant des histoires passionnantes de ma comparse. Sa relation avec les cartes me rappelait la mienne avec Gabriel et j’en arrivais même à me demander si le jeu ne serait pas un bon moyen pour me faciliter la tâche. Je n’aimais pas ce que j’étais en train de faire. J’en souffrais probablement plus que lui. Mais je tiens bon. Je m’y efforce grâce à cette amie qui, devant ma passion pour ces récits, s’est mise en tête de m’apprendre les règles et les subtilités du poker. J’ai hésité un instant. Je connaissais les risques, j’étais parfaitement consciente de mes travers. Toutefois, je me suis laissée prendre au jeu. Elle a installé les cartes et les jetons sur la table basse du salon. Elle m’apprenait à battre correctement, à deviner son jeu grâce à ce qu’elle appelait la « river ». Elle m’enseigna les différentes combinaisons et je buvais ces paroles avec un intérêt certain. J’en ai oubliai même cette angoisse persistante de ces six derniers mois, cette anxiété qui avait encore enflé ces derniers jours. J’étais tellement concentrée que je n’ai pas entendu Gabriel entrer, je n’ai pas non plus perçu son pas qu’habituellement je guette dans l’expectative, pressée de le voir réagir, que nous puissions enfin l’avoir, cette putain de discussion qu’il s’emploierait à éviter si je ne lui force pas la main. Je n’ai pris conscience de sa présence qu’en entendant sa voix acerbe résonner dans la pièce. Je ne saurais dire ce qu’il a dit, parce que j’ai sursauté au premier mot et que j’ai cogné la table de mon genou – je me suis d’ailleurs fait mal. Les jetons s’écroulèrent au sol les uns après les autres et leur bruit si particulier m’a rendu sourde. Toutefois, à la tête que tirait Juliet, je me suis doutée qu’il avait probablement manqué de sympathie, mais j’ai fait mine de pas m’y intéresser. J’ai respiré profondément pour retrouver un peu de contenance et, me retournant vers, lui, j’ai dit : « Juliet m’apprend à jouer au Poker. Viens, on a besoin d’un troisième… pour que ça devienne plus intéressant. » Je lui ai souri également, même s’il brillait dans son regard un je-ne-sais-quoi d’inquiétant…

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    « Qu'est-ce qu'une femme amoureuse ? Un sexe ? Fi donc ! C'est un assemblage confus de rancœurs, de revanches à prendre, de faiblesse, de narcissisme et de rêveries utopiques dont il faut savoir profiter au moment dévolu. Et avec brio, s'il vous plaît ! ► hellsangels - Hughette Maure - tumblr
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